PAPILLONS.
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pece; ailes grises dans le male, blanchätres dans Ia femelle, avec des lignes transversales ondulees,noirätres. Commune dans toute l’Europe, et ä Chenilles, que l’on ne peut pas detruire aussi facile-ment que celles du clirysorrkcea, parce qu’elles ne sont pas contenues dans une bourse communeet vivent sur Forme.
Et le Bombyx dü saule ou FAitarent, Geoffroy (Bombyx salicis, Linne ): d’une envergure de 0”,05ä 0“,06; entierement d’un blanc argente, avec les pattes noires, annelees de blanc, et les barbes desantennes d’un gris cendre. Ce Papillon est commun partout en Europe , et sa Chenille vit sur lessaules et les peupliers.
Au sujet du Liparis clirysorrkcea, dont les Chenilles si abondantes, surtout lorsque les circon-stances atmospheriques favorisent leur multiplication, nuisent tant aux arbres de nosforets et de nosjardins, et qui, en les depouillant quelquefois presque completement de leurs feuilles au printemps,peuvent parfois causer leur mort, et en lerminant la division des Bombycites, qui nous offre plu-sieurs Chenilles tres nuisibles ä nos arbres, qu’il nous soit permis d’entrer d’une maniere generaledans quelques details sur les Insectes nuisibles et sur les moyens employes pour les detruire. Nousemprunterons ä cette occasion principalement quelques passages du discours d’installation ä la pre-sidence de la Societe entomologique de France pour 1845, de M. le colonel Goureau; car il nousparait utile de porter ä la connaissance des nombreux lecteurs de notre Encyclopedie des faits im-portants restes entre les mains d’un trop petit nombre de personnes.
Lorsque Fon entre dans l’enumeralion des Insectes nuisibles et dans le detail des degäts qu’ilscausent, on demeure convaincu que les grands animaux nuisibles ou dangereux portent moins deprejudice que ces petits etres, qui paraissent au premier abord vils et meprisables. On doit observerä leur ögard que les dommages qu’ils causent sont annuels et ä peu pres constants; ils sont comnieun impöt regulier preleve sur nos richesses agricoles et industrielles dont nous nous apercevons äpeine, tant nous sommes habitues ä le payer; et ce n’est que de temps ä autre qu’une espece perni-cieuse, comme cela a eu lieu, en 1848, dans plusieurs de nos departements, pour VOrgyia pudi-btinda, et recemment aussi d’une maniöre plus redoutable pour la Pyrale de la viyne, se multiplieoutre mesure et se fait remarquer par des degäts extraordinaires; alors l’attention est eveillee, laclameur publique avertit l’autorite locale, et le gouvernement envoie des savanls pour observer lephenomene et chercher un remöde au mal qui vient de se produire; mais malheureusement ce re-mede n’arrive que tardivement ou memo n’arrive pas dans beaucoup de cas.
Cependant quelques entomologistes pensent qu’on ne doit rien faire pour s’opposer aux ravagesdes Insectes, et que la nature pourvoit ä leur destruction mieux et plus sürement que nous ne pou-vons le faire nous-memes, et que toute depensepour atteindre ce but est en pure perte. Les Insectes,de möme que les autres animaux, se multiplient en proportion de la quantite de nourriture qui leurest Offerte; aussi, lorsqu’un aliment vegetal, par exemple, approprie ä une espece, se trouve conve-nablement prepare, les individus de cette espece se multiplient avec une incroyable rapidite : cesont des millions d’etres qui se montrent lä oü quelques mois auparavant on ne remarquait ä peineque quelques individus. 11 semble des lors que ce vegetal devrait etre aneanti par la dent vorace deces animaux et disparaitre en peu de temps du canton infeste. 11 en serait reellement ainsi si la na-ture n’avait pris soin de sa v Conservation par un moyen bien simple; eile a attache ä l’Insecte des-tructeur un autre Insecte parasite qui vit aux depens du premier, comme celui-ci vit aux depens duvegetal; en sorte que le parasite, se multipliant en proportion de l’accroissement numerique de l’In-secte destructeur, finit bientöt par le faire rentrer dans de justes limites, et l’equilibre se trouve re-tabli; il serait meme peut-etre rompu du cöte oppose si la nature, toujours prevoyante, n’avait creeun ou deux parasites au premier parasite, qui, par sa multiplication, aurait pu detruire entierementä son tour FInsecte, cause premiere du mal. C’est en s’appuyant sur ce procede immanquable quecertains naturalistes repoussent toute tentative ayant pour but de s’opposer aux ravages des Insectes,laissant ä la nature seule le soin de leur destruction. Mais on doit observer que, si la nature a pourvud’une maniere efficace ä la Conservation de toutes les especes d’etres qu’elle a cröes et n’a pas per-mis que I’une d’elles püt en detruire une autre, eile n’a pas pris le meme soin de preserver les pro-duits de Findustrie humaine; en sorte que, comme le dit M. Goureau, nous sommes obliges d’y veil-ler nous-memes. Nous voyons ordinairement les degäts causes par une espöce d’Insecte croitre gra-