HISTOIRE NATURELLE.
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ses; elles sont cylindriques, lisses, 'sans protuberances, babituellement de couleur sale, d’un aspecttantöt luisant, tantöt veloule; elies vivent de plantes basses, dont elles rongent les unes les feuilles,les autres les racines; elles se tiennent cachees pendant le jour, soit sous les feuilles, soit sous lespierres ou les ecorces, soit dans des trous qu’elles se ereusent dans la terre. Ces Chenilles sont essen-tiellement phytophages; toutefois on en a vu qui mangeaient toutes les Chenilles qu’elles pouvaientrencontrer, et meme celies de leur propre espece : elles les saisissaient par le milieu du corps avecleurs mächoires et les supaient jusqu’ä ee qu’elles n’eussent plus que la peau. Les Chenilles se chan-gent en nymphes lorsqu’elles sont parvenues ä prendre tout leur accroissement; pour oette Opera-tion, elles cherchent un endroit abrite, soit sous un tas de feuilles morles, soit sous une ecorccd’arbre, soit enfin, ce qui arrive souvent, dans la terre; elles se filent une coque assez legere et sedepouillent de leurs poils, qu’elles lient entre eux avec quelques fils de soie excessivement minces.Les chrysalides sont lisses, luisantes, eylindrico-coniques. Quelques especes pa.ssent l’hiver ä l’etatde nymphe, mais le plus grand nombre ne restent que peu de temps dans cet etat transitoire.
Fig. 55. — Noctuelle maure. (Male.)
Les Noctueliens se trouvent repandus abondamment dans toutes les parties du monde, et l’on enconnait plus de huit cents espfeces. Des lors on voit que cette famille est la plus considerable de toutl’ordre des Lepidoptöres; mais ce qu’il y a de tres-fächeux pour les classificateurs et les descrip-teurs, c’est que l'on ne trouve que des differences si legeres, si peu tranchees, pour limiter lesgenres et pour distinguer les especes, que bien souvent, dans les ouvrages r^cents comme dans ceuxplus anciens, les meines genres ne sont pas composes des memes especes, et que certaines especessont reunies en une seule ou separees en plusieurs. La chasse des Noctueliens est difficile ä faire,car eile ne peut avoir lieu que tres-incomplelement le jour, et eile est tres-difficile la nuit; en effet,il faudrait employer des moyens particuliers et peu usites : faire la chasse au flambeau, ou surtout äla miellee (sorte de chasse sur laquelle nous aurons occasion de revenir), si l’on voulait se procurerun grand nombre de ces Lepidopteres . II reste un autre moyen qui a ete, pr'incipalement dans cesdernieres annees, trSs-employe dans les diverses parties de l’Europe ; c’est d’elever les Chenillespour en obtenir les Papilions. Ce proced6, essentiellement scientifique, car il nous fait connailre lestrois etats de l’Insecte, et non pas seulement l’etat parfait, que l’on indiquait seul autrefois; ce pro-eede a fait decouvrir un grand nombre de Noctueliens en Europe ; mais, comme il n’a pu etre em-ploye par les voyageurs dans les pays etrangers, il en resulte que nous n’avons qu’un nombreassez restreint de descriptions des especes exotiques, qui cependant, selon toute probabilite, doiventegalement etre abondantes. Les descriptions meines des especes exotiques que nous avons ne sontpas tres-completes, car les types n’ont ete pris qu’assez recemment et ne sont representes dans lescollections que par quelques individus souvent mutileä. Cet etat de chose tend cependant aujour-d’hui ä etre modifie; d’un cöte, les naturalistes voyageurs font des recherches plus consciencieuses,et d’un autre surtout, le goüt de l’entomologie venant ä se repandre, des pays autres que l'Europe ,l’Amerique principalement, ont pu etre etudies sur les lieux memes par des entomologistes seden-taires.