62 HISTOtRE NATURELLE.
rases, genöralement de couleurs päles, el vivanl sur les plantes basses aux depens deJeurs feuillesou de leurs racines.
Chrysalides plus ou moins cylindrico-coniques, renfermees dans des coques assez legeres et pla-cees dans la terre.
Le genre Noctuelle renferme encore aujourd’hui un grand nombre d’especes tant europeennesqu’exotiques, quoique cependant il en comprenne beaucoup moins que ne l’admettaient les aneiensentomologistes, et surtout le createur du genre. Ce sont, en general, des Lepidoptferes de pelitetaille, n’ayant que de sombres couleurs; habituellement le brun et le gris dominent pour le fond, surlequel on remarque des dessins et des taches plus ou moins compliques, noirätres ou blanchätres. LaFrance, l’Angleterre et l’Allemagne en nourrissent surtout un nombre considerable; rnais il est pro-bable que les Noctuelles sont abondaminent repandues partout, et que, si Fon en connait plus d’es-peces d’Europe que d’especes propres aux autres parties du monde, cela tient ä Ia difficulte qu’oneprouve ä les rechercher et aussi ä leur aspect peu brillant, qui a fait qu’on les a moins recueilliesque beaucoup d’aulres Lepidopteres .
En effet, la chasse des Noctuelles, ou plulöt, d’une maniere plus generale, celle de toutes les es-peces de Nocturnes, ne peut pas se faire fructueusement avec les procedes ordinairement employespour la recherche des Lepidoptöres. Ces Insectes ne prennent leur vol qu’au crepuscule ou meme lanuit, et ce n’est qu’accidenlellement, pour ainsi dire, qu’on les recolte au filet; car cette cbasse nepeut se faire qu’au jour, et, des que la nuit est venue, on est oblige d’y renoncer. Pour se procurerles Nocturnes, on a, dans un grand nombre de cas, recherche les Chenilles; on les a elevees, et Fona pu ainsi obtenir Flnsecte parfait dans un bon etat de Conservation; mais, comrne ce procede de-mande des conditions particulieres diffiziles A remplir, c’est-ä-dire un temps considerable, des in-vesligalions penibles, beaucoup de temps et de soin, et exige presque forcöment que l’educateurvive ä la Campagne, oü seulement il peut se procurer les plantes nombreuses necessaires pour nour-rir les Chenilles, et, en outre, d’un autre cöte, comrne, dans Fötal actuel de la Science, on est Ioin dereconnaitre toutes les Chenilles qu’on rencontre, et que beaucoup d’entre elles se cachent de teilesorte qu’on ne peut les trouver, ce procede ne peut etre generalement suivi. On a donc essaye d’au-tres moyens pour se procurer les Nocturnes; on a preconise la chasse aux flambeaux, mais eile a eteloin de produire les bons effets qu’on en attendait; on a aussi essaye de faire de grands feux dansla Campagne et surtout sur les lisieres des bois, et par ce moyen on a pu se procurer quelques especes. Mais un moyen, employe anciennement, abandonne ensuite, et qui recemment a etö reprisavec succös, est celui de la chasse a la miellee, ä laquelle nous avons promis de consacrer quelqueslignes, et que nous reconimandons parliculierement aux nombreuses personnes qui s’occupent derecueillir des Lepidopteres . Plusieurs entomologistes ont publie recemment quelques remarques surce moyen de chasser les Nocturnes; nous citerons surtout un travail de M. Guillemot, publie dansson Catalogue des Lepidopteres du Puij-de-Döme, 1854, et nous rapporterons plusieurs passagesd’une notice inlitulee Sur la chas§e des Noctuelles, dite chasse ä la miellee, par notre collegueM. Ed. Bureau, et publiee dans le deuxieme trimestre de 1855 (5' serie, t. 111) des Annales de laSociete entomologique de France. C’est vers le milieu de septembre 1854, et pendant un mois envi-ron, que M. Ed. Bureau, en compagnie de M. Arthur De L’lsle, et muni des inslructions ä ce sujetque lui avait donnees M. Bellier De La Chavignerie, fit ses experiences sur la chasse äla miellee auxenvirons de la Meilleraie, en Bretagne (Loire-Inferieure ), et ä la llaie-Fouassiere, ä trois lieues deNantes , et qu’il obtint, conjointement avec son.compagnon de chasse, et chacun isolement de leurcöte, un resultat des plus satisfaisants, car il put prendre une centaine d’especes, dont quelques-unesnouvelles pour la faune qu’il explorait, et plus de quinze Cents individus.
« La localite oü nous chassions, dit M. Ed. Bureau, est situee ä douze lieues de Nantes , et ä sixlieues- de Chäteaubriant : c’est un pays couvert de bois ä essence de chene, dont le plus vaste est laforet d’Ancenis . Le terrain est entiörement forme de schistes ardoisiers, et la flore n’en est pas variee.Cependant nous pouvions esperer trouver lä les espeees du Nord comrne eelles du Midi, car ce paysrappelle en meme temps la Normandie par la culture du pommier, qui y remplace celle de la vigne,et les garrigues du midi de la France, par les landes qui entourent la foret d’Ancenis , et dans les-quelles ont voit voler en abondance la Manie religieuse et quelques autres Orlhopteres meridionaux.