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HIST01RE NATURELLE.
2° La formalion successive des couches ligneuscs, c’est a-dire l’accroissement cn diam'elre, est pro-duit par le cleveloppenunt des bourgcons.
Proposee par Delahire en 1719, oubliee pendant pres d’un siöcle, reprise par Dupetit-Thouars ,cette theorie a ete, dans ces derniers temps, developpee et appuyee sur de nouvelles preuves parM. Gaudichaud.
D’apres Dupetit-Thouars , les bourgeons sont des embryons fixes; des qu’ils se manifestent, ilsobeissent ä deux raouvements generaux, Tun montant ou aerien, Tautre descendant ou terrestre.L’evolution aerienne de chacun de ces bourgeons donne naissance ä un scion ou jeune branche, tan-dis que de sa base, c’est-ä-dire du point par lequel il adhbre ä la plante mere, partent des fibres,comparables ä la radicule de l’embryon, et qui, glissant dans la couche humide du cambium, entrele über et Taubier, descendent jusqu’ä la partie inferieure du vegetal. Or, chemin faisant, ces fibresrencontrent celles qui descendent des autres bourgeons; eiles s’y reunissent, s’anastomosent entreeiles, et forment ainsi une couche plus ou moins epaisse, qui prend de la consistance, de la solidite,et constitue chaque annee une nouvelle couche ligneuse. Quant au über, une fois forme, il ne changeplus de nature, et n’eprouve aucune transformation. ,
PourM. Gaudichaud, c’est la feuille qui estl’individu vegetal ou phyton, qui se divise en deuxsystemes, le Systeme ascendant (merithalles tigellaire, petiolaire et limbaire', et le systfeme descen-dant (fibres radieulaires). M. Gaudichaud admet donc deux systemes de vaisseaux; Tun, ascendant,compose de trachees et de tous les vaisseaux qui forment le canal medullaire, et dont le developpe-ment produit Taccroissement en hauteur de la tige; Tautre, descendant, forme de tous les vaisseauxrayes, ponctues, ou tubes ügneux qui descendent en s’organisant de la base des bourgeons, etdonnent naissance aux couches Iigneuses et aux feuillets vasculaires de Tecorce.
5° La formalion annuelle des couches Iigneuses est due au cambium, qui, chaque annee, fournilles materiaux d'une nouvelle couche de t’aubier et d’une nouvelle couche du Uber.
Cette opinion, dont le germe se trouve dans les ecrits de Grew, a ete, aprbs quelques variations,formulee definitivement parM. De Mirbel en 1816. Ici le cambium n’est point un liquide qui s’epan-che entre le bois et Tecorce, c’est un veritable tissu qui nait ä la fois de ces deux parties de la tige.« Il se forme, dit-il, entre le über et le bois, une couche qui est la continuation du über. Cette coucheregeneratrice a reeu le nom de cambium. Le cambium n’est donc point une liqueur qui vienne d’unendroit ou d’un autre: c’est un tissu tres-jeune qui continue le tissu plus ancien. Il est nourri et de-veloppe ä deux epoques de l’annbe, entre le bois et Tecorce, au printemps et en automne. Son Orga-nisation parait identique dans tous ses points; cependant, la partie qui toucbe ä Taubier se changeinsensiblement en bois, et celle qui touche au über se change insensiblement en über. Cette trans-formation est perceptible ä Toeil de Tobservateur. » On voit tout de suite les analogies et les diffe-renees entre cette theorie et celle de Duhamel.
Dans les Endogenes, les fibres Iigneuses anciennes btant toujours repoussees par les nouvelles versla circonference, la region voisine de eelle-ci acquiert une tres-grande durete; et deslors, ä une cer-taine epoque, la tige de ces arbres cesse de s’accroitre en diametre.
L’accroissement en hauteur se fait par le developpement du bourgeon terminal : celui-ci donnenaissance chaque annee ä un nouveau scion qui augmente ainsi successivement la hauteur de la tige.Le tronc se trouve donc forme par une suite de ebnes tres-allonges, dont le sommet est en haut, et quisont superposes les uns aux autres. Mais le sommet du ebne le plus interieur s’arrete ä la base de la serconde pousse, et ainsi successivement; en sorte que c’est seulement ä la base du tronc que le nombredes couches Iigneuses correspond au nombre des annees du vegetal. C’est pour cette raison que letronc des arbres dicotyles est plus ou moins conique; il est des arbres sur lesquels ces faits sont desplus manifestes, par exemple, les Pins et les Sapins (1).
(1) Richaud, Nouveaux Elements de Bolanique.