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IIISTOIRE NATURELLE.
que celles des Graminees et des Legumineuses , sollt extraites de leurs enveloppes et mises dans desgreniers, oü on les retourne frequemment, afii) d'eviter l’humidite et surtout l’eehauffement qui resul-terait de leur etat serre. Enfin, celles de quelques arbres forestiers peuvent se conserver dans l’eaupendant quelque temps.
La nature nous offre quelquefois des cxemples remarquables de cette Conservation. Des grainesenfouies trop profondement restent sans germer, jusqu’ä ce qu’un travail donne au sol les rappro-che de la surface, et lehr permette ainsi de se developper. C'est ce qui arrive souvent dans les jar-dins botaniques ou dans les forets nouvellement defrichees.
On observe tous les degres de longevite dans la Conservation des graines. On sait que des se-mences de Ilaricot, tirees de l’herbier de Tournefort, ont parfaitement germe apres etre restees in-ertes pendant plus d’un siede. M. Charles Desmoulins eite un fait encore plus etonnant: des grainesde Luzerne lupuline, de ßluet et d’lleliotrope, trouvees dans des tombeaux romains qui remontaientaux premiers siecles de l’ere ehretienne, ont non-seulement germe, mais donne naissance ä des indi-vidus qui ont fleuri et fructifie.
11 y a divers moyens de s’assurer de la bonte des graines que Ton emploie : 1° leur examenanatomique, pour peu que leur volume soil consideralde; la graine est generalement mauvaise si eilea ebange de couleur, si son odeur et sa savour offrent l^,iSa^ictere que Ton designe sous le nom dernncc; 2“ le poids; la graine de bonne qualite devient plus legere quand eile s’est gätee; on peut donemesurer exactement le poids d’une certaine mesure, un litre, par exemple, de bonne graine, et s’enservir comme de terme de comparaison. On sait d’ailleurs vulgairement qu’en jetant les graines dansl’eau, les bonnes vont au fond et les mauvaises surnagent; ce moyen, quoique ne donnant pas desresultats parfaitement exacts, est employe avantageusement, ä cause de sa simplieite, 3° enfin, unessai prealable; on prend un nombre determine de graines, on les seine, et on bäte leur germinationpar les procedes connus. Le nombre de celles qui levent donnentla proportion probable des bonneset des mauvaises.
Les graines emploient plus ou moins longtemps ägeimer les unes vingt-quatre heures, lesautresplusieurs annees; mais, dans celles-ici, la germination est retardee par la duree des enveloppesde la graine. On oomprend d’ailleurs que les circonstances exterieures doivent influer beaucoup surrette duree.
Quoi qu’il en soit, des qu’une semence est placee dans des circonstances favorables ä son develop-pement, eile absorbe l’eau qui l’entoure, et par le hile, et par la surface de son tegument; de celui-ci,le fluide parvient ä l’endosperme ou aux cotyledons; la fecule contenue dans ces Organes prend l’ap-parence d’une sorte d’emulsion, qui bientöt se transforme en une liqueur sucree. Cepcndant, lagraine s’est renflee ä mesure que l’eau s’insinuait dans ses diverses parties, et quelquefois eile arriveä acquerir un volume double de eelui qu’elle avait avant la germination. Le plus souvent, les tegu-ments se deebirent, ou il s’en detache regulierement une petite portion, et la radicule, nourrie dessubstances que lui ont fournies l’endosperme et les cotyledons, s’ouvre un passage ä travers l’ouver-ture du tegument quand eile existe, ou, dans le cas contraire, ä travers le hile.
On peut donc distinguer dans la germination deux periodes : l’une, pendant laquelle l’embryoncontinue ä croitre au dedans de la graine devenue libre; l’autre, oü, s’etant fait jour ä travers lesenveloppes de cette graine, mais y tenant encore, il se developpe en dehors d’elle. En poursuivantune comparaison que nous avons dejä indiquee, celle de la graine avec l’oeuf des oiseaux, on recon-naitra sans peine que la premiere periode correspond ä l’ineubation, la seconde ä Teclosion.
Certaines substances paraissent avoir une inlluence bien manifeste pour accelerer la germination,M. De Humboldt a observe que les graines du Cresson alenois, mises dans une dissolution de chlore,germaient en cinq ou six heures, tandis que dans l’eau pure ces memes graines avaient besoin detrente-six heures pour arriver au meme resultat. La merne dissolution a favorise le developpement decertaines graines exotiques, qui jusqu’alors avaient resiste ä tous les moyens employes pour les fairegermer.
Le sol, sans etre precisement indispensable au developpement des plantes, n’est pas cependantsans influence sur leur Vegetation.
La lumiere, loin de häter le developpement de l’embryon, le ralentit d’une maniere manifeste. Eneffet, les graines germent beaucoup plus vite ä Tobscurite qu’exposees ä la lumiere solaire. L’electri-