BOTANIQUE. 105
Si, au contraire, le sol est trop riche, il peut, en fortifiant l’individu, nuire ä la reproduction deI’espece. Dansce cas, les arbres fruitierspoussent de longues branches chargees de nombreuses feuilles,les Cereales des chaumes eleves et vigoureux; mais les uns et les autres ne donnent qu'une tres-petitequantite de fleurs et de fruits. Ainsi, dansles forets vierges des regions equinoxiales, selon la remar-que de M. De Saint-Hilaire, il est des arbres qui fleurissent tres-rarement.. Quand les sucs nutritifs seportent en trop grande abondance aux Organes de la generation, ils transforment les etamines et lespistils en petales, et rendent les plantes infecondes. Nous savons dejä que les plantes ä fleurs com-pletement doubles ne peuvent pas se propager de graines. Or, ce n’est pas seulement dans nos jar-dins, mais souvent aussi dans la Campagne, que les fleurs deviennent doubles.
4. Engrais. — Les engrais peuvent agir en augmentant outre mesure la fertilite du sol; c’est lecas que nous venons de voir. Les plantes bulbeuses surtout en redoutent l’exces, qui fait pourrir lesbulbes. Ils peuvent aussi devenir des causes tres-puissantes, quoique indirectes, d’affections mor-bides, s’ils renferment des spores de Cryptogames parasites; mais alors ils servent seulement devehicule. Enfin, ils peuvent renfermer des matieres veneneuses qui empoisonnent les plantes.
C. MALADIES CAUSEES PAR I.ES ETRES ORGANISES.
1. Vegetaux. — Les vegetaux influent les uns sur les autres comme corps etrangers. Par l’ombrequ’ils se portent, par leurs racines, par leurs feuilles, etc., ils se nuisent ou se favorisent reciproque-ment: Dans le premier cas, le seul dont nous devions nous occuper ici, on peut dire que les plantessont en guerre entre elles, se disputant la place et le soleil.
Les plantes grimpantes ou volubiles nuisent ä celles sur lesquelles elles s’appuient en les privantd’airet delumiere; et, si elles sont Iigneuses, elles serrent la tige ety font naitre des bourrelets.
Les Mousses et les Lichens, faux parasites, nuisent aux arbres, non pas en soutirant leurs sucs,car ils puisent leur nourriture dans l’atmosphere, mais en empechant la transpiration, et entretenantä la superfieie de l’ecorce une humidite qui la pourrit et y attire les insectes.
Les veritables parasites, au contraire, tels que les Orobanches, la Cuscute, le Gui , etc., viventaux depens des vegetaux qui les portent, et les font quelquefois perir. Les parasites phanerogames attaquent toujours les vegetaux ä l’exterieur, tantöt sur les racines, tantöt sur les tiges ou les ra-meaux; aucun ne se developpe ä l’interieur.
Mais c’est surtout -dans la classe des Cryptogames et dans le groupe des Champignons que serencontre le plus grand nombre de parasites. Ceux-ci naissent ä la surface, et plus souvent encoredans l’interieur des vegetaux; ils attaquent les tiges, les racines, les feuilles, et quelquefois aussiles Organes de la reproduction. Ils co'incident avec l’etat maladif d’un grand nombre de plantes;mais sont-ils la cause ou l’effet de cet etat? Nous n’oserions resoudre cette question, qui divise ac-tuellement les physiologistes; nous devons dire neanmoins qu’il y a beaucoup plus de probabilite enfaveur de cette derniere opinion. Il est permis de penser que les maladies qu’on a attribuees ä desChampignons proviennent d’une alteration des tissus et des liquides, qui est due ä diverses causes;or, toutes les substances organiques en decomposition sont facilement envahies par les Cryptogames;mais il faut reconnaitre que les spores de ceux-ci peuvent quelquefois propager la maladie par leurdissemination. Plusieurs deces maladies sont connues dejä depuis quelquetemps : telles sont celles quisont designees sous le nom d'ergot, de rouille, de carle, de charbon, etc.; d’autres se sont fait con-naitre, depuis quelques annees seulement, par les ravages qu’elles ont exerces successivement surla Pomme de terre, la Vigne, l’Oranger, etc. Ces Champignons appartiennent aux genres Mucor,Erysiphe, Uredo, jEcidium, Puccinia, Sclerotium, Botrytis, Oidium , Erineum, Bhizoctonia, et äplusieurs autres, que nous aurons bientöt occasion d’etudier en detail; nous n’insisterons donc pasdavantage sur ce sujet.
2. Animnux. — Pour le meme motif, nous nous contenterons de dire que beaucoup d’animauxfont du mal aux vegetaux, et de plusieurs manieres. Les insectes surtout fournissent le plus grand