B0TAN1QUE.
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PREMIERE TRIBU. — MOREES.
Vegetaux ä suc aqueux ou laiteux. Feuilles alternes, stipulees. Fleurs unisexuües. Les mäles ä ca-lice de trois ä quatre parties. Calice des fleurs femelles forme par quatre folioles. Achaine recouvertpar le calice sec ou charnu.
1. MORUS . Tournefort. (Mürier.)
Fleurs mono'iques. Les mäles en chatons cylindriques, pendants. Calice ä quatre divisions profon-des et concaves. Quatre ütamines ä filets subulüs, elastiques. Fleurs femelles en chatons arrondis.Ovaire surmonte de deux styles terminäs par des stigmates simples. Perianthes devenant pulpeux etconstituant autant de liaies monospermes placees sur un räceptacle commun.
Originaires du Levant et de la Chine, les Müriers sont surtout cultives pour leurs feuilles, qui Ser-vern ä nourrir les vers ä soie. Leurs fruits sont üdules, adoucissants, laxatifs et rafraichissants. Cesarbres renferment en outre dans leurs sucs de la mannite et de l’acidesuecinique. —Le M. nigra, L.,ne s’eleve pas tres-haut. Son tronc epais, recouvert d’une ecorce rüde, se divise en branches longueset entrelacees, portant des feuilles alternes, petiolees, cordiformes, aigues et dentees. Le fruit estovale, presque noir et trüs-agreable au goüt. Le suc des müres laisse sur le linge des taches assezdifliciles ä enlever. On l’emploie pour colorer les vins, les liqueurs et certaines confitures. On en faitaussi un sirop träs-utile pour les inflammations de la gorge et les ulcerations de la bouche. — LeM. blanc, prefere pour l’education des vers ä soie, fut apporle en Greee sous l’empereur .lustinien. IIpassa ensuite en Italie, d’oü il fut introduit en France vers la fm du quinziäme siede. Henri II etHenri IV , sentant tout le prix qu'on pouvait relirer pour l’industrie manufacturiere de cet arbre pre-cieux, s’efforcerent de le multiplier. Apräs eux, Colbert continua leur oeuvre, et, gräce ä ses soins, ilse repandit dans la Provence, le Languedoc, le Vivarais, le Lyonnais, etc. Sous Louis XV , on en eta-blit des pepinieres dans l’Angoumois, le Berri, le Poitou, la Bourgogne , et les produits qu’elles don-neren! furent distribues gratuitement aux particuliers. Gräce ä cette protection constante et äclairee,la culture-du Mürier blanc atteignit un developpement capable d’alimenter la production de nos hel-les et importantes fabriques de soieries. L’ecorce de cet arbre pourraitremplacer le Chanvre, et l’onrapporte que la decouverte de cette propriete est dueauhasard, Olivierde Serres ayant faitpreparerdes ecorces de Mürier pour en fabriquer des cordes, un coup de vent les enleva du lieu oü eilesütaient placees et les jeta dans une mare ä quelque distance de lä. Retirees seulement au bout dequelques jours, eiles furent lavees et sechües, et presenterent alors des fils aussi delicats que ceux duLin, et dont l’auteur citü fit confectionner une toile assez bonne.
2. MACLURA. Micliaux.
Fleurs dioiques. Les mäles en grappes ou chatons läches pedoncules. Calice pedicelle, ä quatredivisions. Quatre etamines. Filets plus long's que les divisions du perianthe. Antheres cordiformes,biloculaires. Fleurs femelles en chatons sphüriques. Baie globuleuse, pulpeuse, formee par la reu-nion des ovaires.
Le Maclura anrantiaca, Nuttal, est un arbre dont la tige et les branches sont colorees en rouge.Cette espece, remarquable par son developpement rapide, contient une substance particuliere quicolore ses rameaux, etä laquelle on donne le nom de morine. Originaire de l’Amerique du Nord , eilefut introduite en Angleterre en 1824 et ne tarda pas ä passer en France , oü eile est cultivee depuiscette epoque, quoiqu’elle y soit encore tres-rare.