Band 
Botanique.
Seite
55
JPEG-Download
 

BOTANIQUE. 55

Les Macropiper sont des arbnsseaux droits, dichotomes, noueux, portant des feuilles alternesmunies de petioles engainants et souvent ailes par suite de la pvesence destipules petiolaires adnes.IIs croissent tous dans les lies de l’ocean Pacifique. Le Macropiper methysticum, Miq. ( Piper me-thysticum, Forst.), est la plus remarquable. Les peuplades de l’Oceanie cultivent avec- soin cetteplante, dont le suc, extrait de la racine et melange avec de l’eau ou du lait de coco, produit, parla fermentation, une boisson verdätre brülante,- et d’une saveur si repoussante, que les matelots lesplus adonnes ä l’ivrognei ie, ä qui ou en offre, la repoussent avec degoüt. Les naturels de ces lies fontde cette liqueur un usage journalier, dont la continuite et Tabus amenent des effets deplorables,tels que le dessechement et l’exfoliation de la peau, des ulcerations plus ou moins etendues, unedecrepitude prematuree, un etat de marasme et d’amaigrissement prononcü, et une torpeur generale.

4. CHAV1CA. Miquel.

Fleurs dioiques en chatons tres-serres. Les mäles moins nombreux. Les femelles plus epais, et lesfructiferes renfles. Pistil ä plusieurs stigmates. Fruits : baies pulpeuses, trüs-serrees, un peu sou-dees, sessiles, oblongues, obovales, anguleuses, et surmontees des restes des stigmates persistants.

Ce sont des arbustes grimpants, noueux, dont les feuilles alternes, peliolees, coriaces ou membra-neuses, presentent differentes formes suivant les espüces. Leurs fruits sont tres-aromatiques. LeCliavica belle, Miq., Piper belle, L. (Betel), arbuste grimpant qui se rencontre dans diverses regionsde l’Asie , est probablement originaire des lies de la Sonde. Ses feuilles, recueillies Jorsqu’elles com-mencent ä jaunir, sont generalement employees par les Orientaux, qui les mächent melangees avecdes fruits d’Arec et de la cbaux pour en tempärer l’äcrete. Elles ont la propriete de reveiller les fa-cultes digestives affaiblies par l’action debilitante du climat; mais les peuples qui en font usage enabusent journellement, et on a pretendu que cet abus etail une des causes de l’abrutissemeut et dela mollesse des Orientaux. Le Chavica siriboa, Miq. (Piper siriboa, L.), est un arbuste dont la tigegrimpante monte tres-haut sur les arbres environnants. II habite les Moluques , et y remplace l’espeeeprecedente; mais les naturels n’emploient que ses bourgeons seuls ou meles avec une ecorce aroma-tique. Quoique sa saveur penetrante et vive soit moins forte et moins brülante que celle du Betel, sonusage repete trop souvent determine des inflammations de la bouche, l’excoriation du palais, etc. LeChavica officinarum, Miq., Piper longum, Rump. (Poivre long), arbuste grimpant, ä tige noueuse,et s’üievant tres-haut, a des baies d’une couleur rouge, et dont la pulpe est molle et douce au goüt,tandis que les graines qu’elles renferment ont une saveur brülante. Cette espüce, qui crolt et est cul-tivee dans les lies de la Sonde et aux Philippines , est remarquable par ses fruits, qui constituent laplus grande quantite du Poivre long des pbarmacies et du commerce. On les recolte avant leur matu-rite, epoque oü ils sont doues d’une äcrete trüs-prononcee, puis on les expose au soleil, et la dessic-cation les durcit et leur donne une couleur cendree. C’est dans cet etat qu’ils parviennent en Europe .Les peuplades des lies de la Sonde emploient frequemment comme remedes les fruits et les cendresde l’ecorce de cette plante. D’autres especes donnent encore du poivre long, telles que le CliavicaRoxburghii (Piper longum, L.), qui habite et est cultive au Bengale, et dont les racines et les tiges,divisees en petits fragments, jouissent, parmi les Indiens, d’une tres-grande reputation officinale;le Chavica chaba, Miq., etc.

5. CUBEBA. Miquel.

Fleurs dioiques. Les mäles : deux ä cinq etamines. Fleurs femelles: ovaire ovo'ide, sessile, sur-monte de trois ä cinq stigmates sessiles, courts, epais, recourbes. Fruits : baies retrecies, et allon-gees posterieurement en une espece depedicule.

Les Cubeba sont des arbrisseaux ou de petits arbres grimpants dont les feuilles sont coriaces oumembraneuses, de formes differentes sur les pieds mäles et femelles, et dont les fleurs, accompa-gnees de bractees peltees et persistantes, sont groupees en chatons places sur les noeuds des tiges,opposes aux feuilles, greles sur les pieds mäles, plus epais, plus fournis, et legerement courbeschez les individus femelles. On en compte quatorze especes repandues dans les forets des lies de la