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Botanique.
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BOTANIQUE. 495

tout en Asie Mineure et en Egypte , dans le but d’en retirer Yopium, Tun des medicaments calmantsles plus celöbres que Ton connaisse. Ce produit s’obtient en faisant epaissir le suc qui decoule desincisions faites ä ses capsules avant leur maturite. On en obtient aussi par la decoction des feuillesou des capsules mömes; mais celui-ci est beaucoup moins pur. L’opium est un des agents therapeu-tiques les plus precieux. II exerce, dit M. Richard, un empire absolu sur le Systeme nerveux; mais samedication est tres-compliquee et tres-obscure. A faible dose, il calme l’excitation, apaise la dou-leur, et procure souvent un sommeil bienfaisant et reparateur. A dose plus elevee, tantöt il jette dansune stupeur plus ou moins profonde, tantöt dans un etat denarcotique effrayant, tantöt, au contraire,il excite, exalte toutes les fonctions, et amene une sorte de delire et d’alienation mentale; enfin ilpeut occasionner la mort.

Cependant, 1’empire de l’habitude maitrise facilement cette action violente; les Orientaux en con-somment des quantites considerables sans etre incommodes. Les Chinois et les peuples de. Finde lefument au lieu de le mächer, mais apres lui avoir fait subir diverses preparations dans lesquelles ilperd son äcrete et ses proprietes narcotiques. L’opium ne produit plus alors que cet etat de langueuret de somnolence voluptueuse si bien en liarmonie avec le caractere de ces peuples. Les Arabes Tap-pellent abou-el-noum, le pere du sommeil; quand ils veulent s’exciter au combat, ils en prennent uneplus grande quantite ä la fois. Cependant, on doit reconnaitre que l’usage immodere de l’opium af-laiblit peu a peu les facultes intellectuelles, et conduit ä l’abrutissement. 11 produit souvent uneivresse furieuse; aussi le gouvernement turc a-t-il cherche ä en reprimer Tabus par les lois les plussevöres.

En France et dans le nord de TEurope, la culture du Pavot a surtout pour objet Textraction d’uneliuile qui peut remplacer Thuile d’olive dans les usages alimentaires; e.’est surtout la variete ä grai-nes noires que Ton cultive dans ce but. Cette liuile est appelee huile d’oeillette, mot qui vient sansdoute par corruption du latin oleolum, diminutif d 'oleum, huile, ou mieux de Titalien olietta, qui si-gnifie aussi pelite huile. Les semences de Pavot ne participent point aux proprietes veneneuses de laplante, on les mange dans plusieurs pays, et on s’en servait autrefois en France pour reeouvrir diversespätisseries Cela n’empecha point les prejuges populaires de repousser cette huile comme impropreä Talimentation; c’est Tagronome Rosier qui demontra, le premier, son innoeuite ä la fin du derniersiöcle.

. On a cherche, dans ces derniers temps, ä retirer des Pavots cultives dans nos champs une sorted’opium propre ä remplacer celui d’Orient. Les essais que Ton a tentes a cet egard ont donne desresultats fort avantageux. On est meme parvenu ä extraire l’opium sans diminuer la production deThuile; pour cela, on se sert d’ttn scarificatcur qui ne fait aux capsules que des incisions superliciel-les, et permet ainsi aux graines d’arriver a leur maturite.

Les capsules seches sont aussi employees en medecine sous le nom de tetes de Pavot ; apres qu’onen a retire les gr-aines, eiles sont calmantes et anodines. C’est avec leur decoction que Ton preparele sirop diacode , moins actif que lesirop d’opium proprement dit.

On connait l’anecdote de Tenvoye de Porsenna, coupant, devant Tarquin , les tetes des Pavots quis’elevaient au-dessus des autres. Les Pavots jouent aussi un röle dans un trait de la vie de Brutus.Tarquin le Superbe avait retabli les jeux compitaux en Thonneur des dieux Penates et de leur mere,la deesse Mania; Toracle avait declare qu’il fallait offrir des tetes si Ton voulait conserver des tetes.Les Romains s’etaient cru obliges en consequence de sacrifier des enfants ii Mania; ces horribles sa-crifices furent abolis par Brutus, qui, interpretant dans un autre sens les paroles de Toracle, ordonnaque Ton offrirait ä la deesse des tetes d’Ail et de Pavot .

Le Coquelicot ( P. rheeas, L.) est une plante annuelle tres-commune dans les moissons. Ses petales,adoucissants et un peu calmants, entrent en medecine dans les especes designees sous le nom defleurs peclorales; celles-ci sont usitees dans les catarrhes pulmonaires peu intenses.

On trouve dans les champs quelques autres especes tres-semblables au Coquelicot , et sur les mon-tagnes elevees le Pavot de Cambrie (P. Cambricum , L.), belle plante cultivee dans les jardins et de-venue le type d’un nouveau genre sous le nom de Meconopsis Cambrka.