288 - HISTOIRE NATURELLE.
sance, les deux premiers surtout, ä d’innombrables varietes quant ä la forme, la couleur et la saveurdu fruit.
Le Poirier commun ( P. communis, L.) est uu assez grand arbre, dont le bois est dur, rougeätre.A l’etat sauvage, c’est un arbrisseau epineux, produisant des fruits acerbes, durs, pierreux; lesnombreuses varietes de poires obtenues par la culture se divisent en deux categories : l°les poiresa couteau, tendres, savoureuses, d’une Conservation plus difficile; 2° les poires ä cuire, dont lachair est plus ferme, un peu acerbe, et qu’on ne mange guere que cuites. On retire des poires uneboisson fermentee, analogue au cidre, et connue sous le nom de poire. Le bois du Poirier est tres-employe pour la gravure, la sculpture, les ouvrages de tour et de marqueterie, les instruments demusique, etc.
Le Pommier (P. malus, L., Malus communis, Juss.) est un arbre de moyenne grandeur, epineuxet portant des fruits acerbes ä l’etat sauvage; les pommes cultivees forment deux ordres qui renfer-ment de nombreuses varietes : 1° les pommes douces, tres-agreables ä manger; 2° les pommes acer-bes ou a cidre, employees particulierement pour cette boisson. Le bois du Pommier possöde, ä undegre un peu inferieur, les memes qualites que le Poirier . Nous citerons encore le Pommier paradis(M. paradisiaca), et quelques autres especes exotiques cultivöes pour l’ornement des bosquets;tels sont les Pommiers odorant (M. coronaria), toujours vert [M. sempervirens), hybride [M. hy-brida), ä bouquets (il/. speclabilis), etc.
C’est surtout ä ce dernier usage que l’on destine les Sorbiers; ils le doivent ä leur feuillage ele-gant, touffu, leger, d’un beau vert, ä leurs larges bouquets de belles lleurs blanches, auxquellessuccedent des fruits d’un rouge de feu qui restent sur l’arbre une partie de l’hiver. On distinguedans ce sous-genre le Sorbier des oiseleurs (S. aucuparia , L.), commun dans nos foröts, et quijouait un grand röle dans les pratiques superstitieuses des druides; le Cormier(S. domestica, L.),dont les fruits sont plus gros et comestibles.; l'Allouchier (S. aria, Crautz; Cralcegus aria, L.);le Sorbier hybride (S. Iiybrida, L.), intermediaire entre les deux precedents, et deux autres especesronfondues ä tort avec les Alisiers , l’Alisier commun (S. torminalis, Crautz; Crataegus torminalis,Jacq.), et l’Alisier de Fontainebleau (S. lalifolia, Pers.; Crauegus latifolia, Lamk.). Le bois desSorbiers est trös-estime pour divers usages.
Le Coignassier (P. cydonia, L.; Cydonia vulgaris, Juss.) est un arbre de grandeur mediocre, ori-ginaire d’Asie et naturalise dans le midi de la France ; son nom lui vient de la ville de Cydon (au-jourd’hui la Canee ), aux environs de laquelle il ctait tres-commun. Ses fruits, jaunätres, velus, tres-odorants, ont une saveur äpre, qui devient par la cuisson un^teu sucree et aromatique. 11s passentpour stomachiques, astringents, fortifiants; on en fait des confitures, des gelees, des sirops, despätes, etc., tres-utiles pour les poitrines faibles. Le Coignassier du Japon , qui forme aujourd’hu: legenre Chenomeles, est cultive dans les jardins d’ornement.
2. MESPILUS. Linne . (Neflier.)
Arbres ou arbrisseaux epineux, ä feuilles alternes, munies de stipules caduques. Fleurs solitairesterminales. Calice ä cinq divisions presque foliacees. Ovaire ä cinq loges biovulees. Cinq styles.Fruit turbine, couronne par les divisions tres-developpees du calice, ä partie superieure formant unelarge surface discoide, ä cinq noyaux osseux, monospermes par avortement.
Le Neflier commun (il/. Germanica, L.) est un arbre de mediocre grandeur, croissant naturellementen Europe , dans les bois. Ses fruits, äpres et tres-astringents, ne sont comestibles que quand ilssont blettis; on peut en obtenir une sorte de cidre. Le bois est dur, d’un grain fin, et peut servir auxouvrages de tour; mais il a le defaut de se fendiller et de se tourmenter. Le Neflier cotonneux (il/.coloneaster, L.; Coloneaster, microphylla, Lindley) et sa variete ä feuilles de Buis (C. buxifolia,Lind.) sont de petits arbrisseaux d’ornement. Le Neflier du Japon (il/. Japonica, Thunb. ; Eriobo-thrya, Japonica, Lind.) est cultive erf Europe ; mais il est rare de le voir fructifier dans le nord dela France; son fruit, de la grosseur d’une azerole, se vend sur les marches de Toulon et d’Hyeres .C’est un bei arbrisseau, de deux ä trois metres de baut, dont les rameaux sont cotonneux, ainsi quela face inferieure des feuilles.