BOTANIQUE. 291
qui, sans offrir la regularite et la perfeetion symetrique de la rose cent-feuilles, sont peut-etre d’uneffet plus artistique par leur disposition plus chiffonnee et plus elegante. Apres le perfectionnementdes especes primitives sous le rapport de la forme et de la couleur, une importante ameliorationrestait ä obtenir: c’etait de prolonger la duree de ces belles fleurs dont on jouissait ä peine pendantquelques semaines, un soleil trop ardent ou des pluies trop abondantes concourant egalement ä abre-ger le temps de la floraison.
« Dejä, par la decouverte ou par l’introduction de plusieurs Varietes du R. indica, les roses noi-settes, the et Bengale, on avait obtenu des plantes ä floraison automnale. Le but a eteatteint de lamaniere la plus complete par l’acquisition d’une nouvelle race, celle des roses Portlan,d ou perpe-tuelles, dont les fleurs se montrent dans la saison ordinaire, en juin, et remontent apres la premierefloraison pour se succeder presque sans interruption pendant tout Fete (1). »
L’espece la plus generalement recherchee estla rose ä Cent feuilles (R. centifolia, L.), remarqua-ble par sa grosseur, sa forme, son odeur et sa belle couleur. C’est celle que 1'on cultive en grand, depreference, pour la parfumerie. C’est la rose de Hollande {R. maxima, L.), qui atteint les plus gran-des dimensions. La rose mousseuse (R. muscosa, L.) se distingue par les poils nombreux qui garnis-sent les jeunes rameaux et surtoutles pedoncules et les calices. On doit remarquer aussi parmi lesespeces exotiques le Rosier des quatre saisons (R. sempcrflorens, L.), le Rosier pompon (R. bur-gundiaca, Desf.), le Rosier de Francfort (R. turbinata, Ait.) et le Rosier blanc (R. alba, L.). LeRosier musque ( R . moschata, Ait.), qui fournit l’essence de roses, ne vienl bien que dans les provin-ces meridionales. On le cultive en grand dans plusieurs contrees du Levant, en Perse, aux environsde Tunis, etc. Nous citerons enfin le Rosier du Bengale {R. indica, Willd. ; R. diversifolia, Vent.),dont les fleurs se renouvellent toute l'annee, et le Rosier Banks (R, Ranlaia, ), qui, palisse con-tre les murs, prend un developpement immense et produit un effet admirable.
Les especes indigenes ne sont pas moins dignes d’interet. Le Rosier odorant ou rouillts (R.-rubigi-nosa, L.) exhale une odeur de pomme de reinette. 11 est commun sur les coteaux, dans les lieux secset pierreux, dans les champs et le long des routes. Ses feuilles, sechees ä I’ombre et infusees commedu The, forment une boisson assez agreable. On trouve frequemment sur ce Rosier une grosse ex-croissance rougeätre, heriss6e de poils, d’une odeur acide et penetrante, occasionnee par la piqüred’un insecte et connue sous le nom de bedeguar ou eponge du Rosier . Le Rosier sauvage ou Eglan-tier (R. canina, L.) est le plus repandu en Europe ; il croit dans les buissons, et presente plusieursVarietes. Le Rosier eglantier (R. eglanteria, L.), qu’il ne faut pas confondre avec le precedent, a desfleurs jaunes d’une grande beaute, mais d’une odeur peu agreable; on le place le long des allees,dans les bosquets, les massifs. Le Rosier des champs (R. arvensis, L.) et le Rosier epineux (R. spi-nosissima, Jacq.; R. pimpine/lifolia, L.) n’offrent rien de bien remarquable.
II n’en est pas de meme du Rosier de Provins (R. gallica, L.; R. pumita, Jacq.), dont les tigesperdent leurs aiguillons trfes-promptement. II croit sur les montagnes alpines, dans la Savoie , le Dau-phine, l’Auvergne, les Vosges , etc.; dans les prairies un peu humides et exposees au nord. II esthors de donte que cet arbrisseau est indigene de l’Europe , quoiqu’on ait pretendu qu’il avait ete portede Syrie ä Provins par un comte de Brie, au retour des croisades. II parait qu’il a ete connu de touteantiquite; il en est meme qui pretendent que c’est l’espece dont Homere a tant vante les vertus dansYRiade. Ses fleurs acquierent par la dessiccation une odeur plus forte et plus agreable; eiles ont etelongtemps un objet de commerce pour la France : on en exportait jusqu’aux Indes; elles y etaient siestimees, qu’on les y payait quelquefois au poids de Tor. C’est avec cette espece qu’on prepare laconserve de roses.
La conserve de cynorhodons se prepare avec les fruits du Rosier sauvage, appeles cgnorhodons;c’est un medicament astringent, dont on fait usage dans plusieurs maladies. Les petales du Rosier deProvins serventä faire le miel rosat, tres-employe pour les inflammations legeres du pharynx. L’eaude rose se fait avec les fleurs du Rosier des quatre saisons et du Rosier ä cent feuilles.
Le nombre des varietes de roses s’eleve de deux ä trois mille, et s’augmente tous les jours. Leurculture constitue une des principales branches du commerce horticole. Dans plusieurs provinces dela France , il n’etait pas autrefois permis ä tout le monde d’en cultiver. Parmi les anciens droits sei-
( 1 ) Bon Jardinier.