MINERALOGIE CLASSIFICATIVE. -189
vent dangereux; on forme avee lui des plaques parfois tres-minces, des fils, des monnaies; combineavec les acides acetique et sulfurique, ii produit des sels employes dans la teinture, dans la peintureet dans la preparation des cuirs: son extraction est assez compliquee, et c’est en general des sulfuresqu’on parvient ä retirer presque tout le cuivre qui se trouve dans le commerce. — Parmi les nom-breuxcomposesdu cuivre nous citerons : 1° le Cuivre pyriteux, ou les Pyrites de cuivre, qui est formede cuivre, de fer, de soufre, et parfois de silice, comme dans la variete qui porte le nom de cuivrepanache;est principalement caracterise en ce qu’il est fusible en un bouton qui colore l’acidenitrique en vert; cristalüse en octaedres ä base carree ou en cube; est d’un jaune dore; donne auehalumeau une odeur sulfureuse etun globule noir cassant; il forme des filons et des couches puis-santes dans les terrains qui se rangent immediatement apres les granites : la baryte sulfatee, lequartz, le fer spatbique lui servent de gangue, et une foule de mineraux s’associent ä lui; c’est labase des exploitations qui ont le cuivre pour objet; se rencontre en Suede, en Silesie, en Norvege ,en Savoie , en Piemont, etc.; 2° le Cuivre gris dans lequel, .outre plusieurs autres substances, entrcsurtout de l’arsenic, qui est fusible au ehalumeau en donnant une odeur d’ail plus ou moins pro-noncee, dont la couleur est le gris d’aeier poli, et qui accompagne le cuivre pyriteux; 5° le Cuivresulfure, ou Cuivre vitreux, se trouve encore souvent avec les preeedents, et se distingue en ce qu’ilest fusible ä la flamme d’une bougie quand il est pur, et qu’il peut se couper au couteau; 4° le Cuivrecareonate, vulgairement Malachite, d’un vert d’emeraude ou d’un bleu indigo, soluble dans l’acidenitrique avec efflorescenee, et le colorant en vert; cristalüse en prismes rhombo’idaux obliques;densite, o,7; se reduitau ehalumeau en un bouton de cuivre rouge; se trouve associe aux autreseomposes du cuivre, en Siberie, en Ilongrie, ä Chessy, pres Lyon, au Perou, etc.; 5° Cuivre Sul-fate , vulgairement Vitriol eleu ou Couperose rleue, donnant, par lefrottement, destraces de cuivrerouge sur le fer poli humide; saveur tres-stiptique; cristaux paralleliques, bleu celeste, d’un bleupale dans les efflorescences; translucide quand il est pur, et se couvrant d’un enduit lerne et fari—neux; se trouve en efflorescenee dans la nature, et le plus souvent dissous dans les eaux qui traver-sent les couches, les filons ou les mines de cuivre en exploitation : sert comme mordant dans diffe-rentes sorles de leintures, et entre dans le travail des cuirs et des maroquins noirs.
Genre FER. A l’etät natif, ce metal est magnetique ou attire l’aiguillc aimantee; il est susceptibled etre lime; densite, 7,8; eclat inferieur ä celui du platine seulement; d’une dureteet d’une elasti-cite superieures ä ce11 es de tous les autres metaux quand il est converti en acier; assez ductile; tres-tenace, car du fil de 0“',025 de diametre peut supporter un poids de pres de 250 kilogrammes;couleur d’un gris legerement bleuätre; offre beaucoup de Varietes, et cristalüse en cubes; ä l’etatterrestre il se trouve dans les produits volcaniques, tels que ceux de l’Auvergne , et dans des filonsdes terrains ignes; ä l’etat que l’on pourrait appeler igne, il constitueles Meteorites ou Pierres tom-bees du ciel, dans lesquels entrent quelquefois, outre du fer natif et. oxyde, du nickel, du cobalt, dusoufre,.de la silice, de la chaux, de la magnesie, du chrome, etc. Ces meteoriles, que l’on partageen ductiles, gramdaires et charbonneux', proviennentprobablement de quelques planetes ou d’autrescorps celestes; ils errent dans l’espace, et quand ils arrivent pres de notre atmosphere, ils sonlattires par la loi de la pesanteur, se presentent comme des globes de feu, font entendre le bruitd’une detonation, et, lorsqu’ils arrivent sur le sol, ont une temperature tres-elevee : on a dresseun catalogue des pierres tombees du ciel, et l’une des plus grosses, si ce n’est la plus grosse, estcelle actuellement au Museum, decouverte par Rrard ä la porle de l’eglise de la Caille, pres deGrave (Var ), qui pese 7,500 kilogrammes, et qui avait ete trouvee, dit-on, il y a environ deux siecleset demi, sur une montagne de calcaire jurassique nommee Audibert, ä la suite d’un grand orage.Tous les minerais de fer exploites contiennent ce me-tal dans un etat plus ou moins avance d’oxy-dation; et, quand il en est autrement, on le ramene ä cet etat par des grillages ou de longues expo-sitions aux intemperies de l’air; le traitement des minerais de fer, si complique, si difficile ä opereren grand, ne consiste pourtant an fond qu’ä oxyder le fer qu’ils contiennent et ä le purger des ma-tieres terreuses qui lui sont intimement liees, telles que la silice, la chaux ou l’argile; le mineraipasse par l’etat que l’on nomine fönte , fer fondu ou gueuse: il est encore Charge de carbone, ce quifait qu’il'est cassant; et pour le rendre doux et malleable, il faut lui faire subir l’operation appeleeaffinage : on le reduit en loupes, puis, sous l’action du mariinet, on le transforme en barres ou en