Band 
Sur la zoologie et la phytologie. Minéralogie - Géologie - Races humaines.
Seite
200
JPEG-Download
 

200

HIST01RE NATURELLE.

Quant ä l’histoire speeiale de la geologie, on peut dire que c’est une Science presque comple'te-ment moderne, car chez les anciens il n’y avait ä ce sujet que de simples traditions et pas de corpsde doctrine. De Lametherie commenca ä indiquer des theories geologiques nombreuses; Buffon sup-posa que la terre avait eie formee par un debris du soleil enleve par une comete; Hutton et Playfairfirent jouer un grand röle ä l’action des eaux qui se trouvent ä la surface du sol; Breislack y jointl’action du feu; Werner admit principalement une origine aqueuse; Laplace dit que la terre a eieformee par la condensation de simples vapeurs, et Herschell exposa une theorie ä peu pres sem-blable; enfin, dans l’epoque actuelle, l’observation vint prendre une grande place, et si les causespremieres de la creation du globe terrestre restent inconnues, comme tout ce qui emane deDieu , la nature propre des terrains fut mieux connue, les corps fossiles furent decrits avec soin,et l’on put reconnaitre d’une maniere positive les formations igriees ou volcaniques des forma-tions aqueuses, soit marines, soit d’eau douce, etc. : c’est ä cette periode qu’appartiennent les tra-vaux d’Alexandre et Adolphe Brongniart, de Cuvier, de de Humboldt, de Leopold de Buch , deBuekland, de Constant Prevost, d’Elie de Beaumont , de Dufrenoy, de Lyell, de M. Hebert et de tantd’autres.

Du globe terrestre en general. La terre, comme les autres planetes, est tout ä fait isolee dansl’espace; tout le prouve : la comparaison avec les autres astres celestes, la convexite terrestre queTon remarque dans les voyages en mer et meme sur le sol, l’apparition dans le ciel de nouvellesetoiles quand on se place ä certains lieux de la terre, etc. Si l’on n’a pu partout faire le tour denotre globe, cela tient aux glaces qui occupent nos pöles; quant ä nos montagnes les plus elevees,elles ne nous semblent telles que par l’ensemble des corps qui les environnent, et non par rapport äl’ensemble du globe; elles ne forment, comme on l’a repete tant de fois, que des eminences encoremoins prononcees que les rugosites que l’on voit sur l’ecorce d’une orange, relativement ä ce fruitIui-möme. Une force particuliere, la pesanteur ou Yattraction terrestre, tend ä retenir les molleculesterrestres les uns aux autres: cette force a son siege dans le centre du globe, mais la forme sphe-ro'idale qu’affecte notre planete demontre qu’ä une certaine epoque les partieules dont eile se com-pose ont pu ne pas obeir entierement ä cette loi, et qu’elles ont eu la liberte de glisser les unes surles autres. Du reste, la terre n’est pas un sphero'ide regulier : eile estaplatie ä ses pöles, et la diffe-rence entre les deux diametres de l’equateur et des pöles est de 42,000 metres; ce qui prouve quele globe terrestre a du, ä une certaine epoque, avoir entierement une fluidite plus ou moins consi-derable, qu’obeissant ä la force centrifuge, il a pris ensuite sa forme actuelle, et que ce n’est queplus tard, en se refroidissant, que sa eouche exterieure a acquis la solidite qu’on lui connait. Dansl’e’tat actuel, la pesanteur diminue du pole ä l’equateur; comme le demontre le pendule. De touscesfaits on peut deduire que les corps les plus pesants doivent se trouver au ccntre. de la terre, et celane peut se faire que par suite d’un etat constant de fluidite dans cette partie. D’apres Cavendish, ladensite moyenne de la terre, l’eau prise pour unite, serail de 5,48; d’oü l’on calcule que le poidsmeme du globe en entier serait de plus de 6,000,000 milliards de miliiards de kilogrammes. Mais,ä la surface du globe, le poids n’etant guere en moyenne que de 2,5, dans le centre il doit eiro de12 environ. L’observation prouve que la temperature propre aux divers climats ne se fait sentir qu’äune tres-faible profondeur dans l’interieur du sol, et qu’ä un point determine dans un meme payseile reste constante; mais si on s’enfonce au delä de ce point, la temperature s’eleve regulierementde 1° tous les 53 metres; d’oü il resulterait que vers le centre du globe, c’est-ä-dire ä plus de6,000 kilometres, en supposant la meme progression, eile serait de 200,000°. Toutefois, il est pro-bable que la temperature ne s’accroit pas toujours uniformement, et on admet qu’ä une profondeurd’environ 200 kilometres eile reste stationnaire ä une temperature de 5,000° ä 4,000°, susceptiblede fondre et de volatiliser tous les corps que nous connaissons. La terre serait donc fluide ä son in-terieur; la couche solidiliee ne serait que d’ä peu pres 20 kilometres, ce qui, relativement au rayonterrestre ne serait que tres-peu de chose, puisque sur un globe de 1 metre de rayon cela ne repmen-terait que 5 millimetres. Ges faits expliquent facilement les crevasses qui se forment journellement äla surface du globe et les eruptions volcaniques qui en sont la consequence, ainsi que les produc-tions des sources aqueuses.

De la surface du globe. — Sur les 50 milliards d’hectares qui forment la surface du globe, lestrois quarts sont constitues par les mers: un quart seulement par les terres. Celles-ci, vers le pole