ïti 10
En citant cette lettre, Delambre se contente d’ajouter : « C’était le style dutemps. »
Plus loin il ajoute :
« En me confiant une opération aussi difficile qui l’avoit été la mesure du méri-dien dans des temps si orageux, sans doute on ne demandoit pas que je quittassemes clochers et mes signaux pour aller dans les clubs faire parade de sentimensrépublicains et de haine pour les rois; ce n’eût pas été le moyen d’accélérer untravail dont on se plaignoit d’être obligé d’attendre si longtems le résultat. »
Le gouvernement aurait voulu les résultats sans les travaux. La voie qu’il sui-vait n’était certes guère de nature à favoriser cette entreprise.
La commission ne donna pas de successeur à Delambre et ne s’occupa que dedétails secondaires se rapportant au mesurage. Mais, heureusement pour la sciencele général Calon, membre de la Convention et directeur du dépôt de la guerre,ayant l’intention d’établir la carte des nouveaux départements, nomma Delambre etMéchain . astronomes du dépôt de la guerre. C’est ainsi qu’une occasion favorable futofferte aux deux savants de continuer la triangulation si fatalement interrompue.
Un étalon servant aux besoins du commerce et de l’industrie pouvait à la rigueurêtre établi d’une manière suffisamment précise, tandis que quelques années étaientencore nécessaires pour achever l’immense travail de la mesure exacte du méridien.Sur le rapport de Prieur (Ann. de chim. xx), la loi du 18 germinal fixa le systèmedes futures mesures, ainsi que leur nomenclature; cette loi admettait la longueurdu mètre provisoire et légal à 443,44 lignes de la toise du Pérou . Cette toise avaitsa longueur normale à une température de 13° R. ; pour le mètre provisoire, (dontle cuivre devait être la matière), la température fut fixée à 10° C.
Le problème à résoudre consistait donc à trouver un étalon en cuivre qui à unetempérature de 10° C. serait égal 3 pieds 11 ; 44 lignes de la Toise du Pérou à 13° Ii.
Un mesurage achevé en 1758 par La Caille avait donné pour le 45*’ degré de lati-tude une longueur de 57,027 toises; en multipliant la longueur de ce degré par 90,on trouva que la longueur d’un quadrant du méridien était égale à 5,132,430 toisesdont la dix-millionième partie est 3 pieds 11,44 lignes.
Le système décimal ainsi que la division en lignes, surfaces, volumes, poids etmonnaies, avaient été proposés par l’Académie pour les nouvelles mesures; cecorps savant avait aussi cherché pour exprimer ces mesures des termes simples,pratiques.
La terminologie encore en usage aujourd’hui fut fixée par la loi du 18 germinalan 3.
L’unité fondamentale de tout le système est le mètre ; ses multiples sont formés