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l’Europe ensemble, payent en Pensions plus de moitié 6'unspareille somme. C’est même un genre de dépense presqueinconnu dans plusieurs Etats ; aiiíTì cet objet, qui s’estaccru d’une manière excessive, est-il digne de la plus sérieuseattention ; & dès que le travail néceffàire pour constaterexactement toutes ces Pensions sera fini, & qu’on les auradivisées en différentes classes, je proposerai à VotreMajesté une Loi & des règles, qui puissent opérer unediminution successive dans cette charge vraiment inouïepour l’Etat: Je n’ai point à me reprocher de m'être prêtéà P augmenter, ayant au contraire résisté de mon mieux àtoutes les demandes qui n’étoient pas fondées se r desengagemens, ou fur des services anciens & distingués. Sicette dernière condition servoit toujours de règle dans laconcession des grâces, la dépense n'en seroit jamais grande,ou si à de pareils titres, elle l'étoit encore, ce seroit unbonheur pour P État ; mais lorsque les Pensions sont unobjet de saveur, les limites en sont inconnues.
II étoit une autre sorte de largesses dont on avoit extrê-mement abuse, je veux parler des Intérêts dans les affairesde Finance, usage introduit secceísivement & par l'effet decirconstances particulières.
Les mélanges d'état par des alliances, l’accroissement duluxe , le prix qu’il oblige de mettre à la fortune, enfinPhahitude, ce grand maître en toutes choses, avoient faitdes grâces qui peuvent émaner du Trône, la ressourcegénérale ; acquisitions de charges , projets de mariages &d’éducations, pertes imprévues, espérances avortées, tousces évènemens étoient devenus une occasion de recourirà la munificence du Souverain; on eût dit que le Trésor