A Tavenir, & par l’effet du nouvel arrangement queVotre Majesté a adopté, tous ces inconvénients ferontprévenus, puisque rien ne pourra être mystérieux ni caché,& qu’ainsi nul emploi particulier des deniers du Roi ne serapossible; il faudroit pour y parvenir, une intelligence & unaccord entre trop de personnes, A l’on ne peut seulementen concevoir l’idée : d'ailleurs, une Compagnie n’a pas desmotifs pour s’écarter de la règle, car ce n’est que le désordreprivé qui égare un Comptable; or, l’inconduite même dequelques individus, n’influeroit pas fur les démarches d’uneCompagnie, dont l’eísence est d’agir & de délibérer encommun, & qui ne peut même ordonner des dispositionsextraordinaires fur la Caisse, qu’avec {'autorité du Ministre :il résulte donc de ces observations, que la seule manière demettre une grande manutention de recettes & de dépensesà l’abri de toute inquiétude , c’est de la confier à uneCompagnie.
On ne tardera pas à sentir le prix de la sécurité quirésultera de la nouvelle institution des Receveurs généraux,fur-tout fi long-temps qu'on conservera le souvenir de lasurveillance imparfaite, à laquelle quarante - huit Receveursobligeoient continuellement. Cependant, & c’étòitune bizar-rerie singulière, quoique ces quarante-huit Receveurs fussentabsolument désunis dans leurs opérations, & ne fussent pointgarans les uns des autres ; néanmoins par la simple ressem-blance de noms, & Ifeur réunion dans de certaines occasions,îeur crédit se consondoit du plus au moins dans l’opinion ; &ìl se trouvoit que le dérangement d'un seul Receveur généralétoit envisagé comme une affaire d’État, qu’il fàlloit prévenir*n'importe par quel sacrifice; & c’ést ainsi qu’une mauvaise