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«Te ro m L rage ! Elle ne consiste point, cette autorité, à semontrer dans tous les détails ; elle existe également & mémedans un plus grand éclat, lorsque par un arrangement sage& par une première impulsion, dont elle sait maintenir leseffets, elle se dispense d’agir fans cesse. C’est le pouvoir réor-donner des Impôts qui constitue essentiellement la grandeursouveraine ; mais la répartition de ces Impôts & tant d’autresparties réexécution, ne sont que des émanations de la con-fiance du Monarque, n’importe en quelles mains il a déposecette confiance ; & ceux d’entre ses sujets qui peuvent ie mieuxy répondre, rappellent davantage aux peuples la surveillanced’un bon Roi.
Enfin, il est encore une considération que je crois pouvoirprésenter à Votre Majesté; l’honneur suffit sans doute'pour animer la Nation Françoise & pour l'entraîner par-toutoù il y a du péril & de l'éclat : c’est un ressort précieux qu’onne seuroit trop ménager ; cependant il en est un autre encorequi agit plus obscurément, mais sens cesse, qui meut égale-ment toutes les classes des citoyens, & qui dans les grandescirconstances peut porter à l'enthousiasme A aux secrifices detout genre. Ce ressort, c’est le patriotisme, & quoi de pluspropre à l’exciter ou le faire naître que des Administrationsprovinciales, où chacun peut à son tour espérer d’être quelquechose, où l’on apprend à aimer & à connoître le bien public,.& où l’on forme ainsi de nouveaux liens avec se patrie l
On a pu voir dans le procès-verbal de l’Assemblée duRouergue, de combien de détails d’utilité publique elle s’étoitdéjà occupée ; celle du Berri a réuni plus de deux cents millefrancs de contributions volontaires, pour des établissemens& des travaux utiles, & elle vient d’adopter un plan qui tend