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Mais après avoir ainsi parcouru rapidement devantVotre Majesté une partie des inconvéniens attachésà l’ímpôt des Gabelles, je dois convenir que dans cetobjet d’Administration, comme en tout autre, le déve-loppement du mal est bien plus facile que la découverted’un remède sage ou pratiquable : & quand ce mal duredepuis longtemps, cette même ancienneté qui aide à leLien connoître, s’oppose à íòn amendement ; tant est grandela force de l’habitude, & tant il faut de contrainte pouramener les intérêts particuliers à venir concourir au bienpublic! Mais ce sonulà les fonctions du Souverain ; e'est àlui que cette œuvre est confiée; & c’est pour l’exercer ôífaire triompher la raison que l’autorité est belle & digned’envie.
II n’y auroit, Sire, que deux moyens dé remédieraux inconvéniens dont je viens de rendre compte à Votre.Majesté; l'abolition de tout Impôt fur la Gabelle, en leremplaçant par quelqu’autre, ou une modification salutairede ce même Impôt.
Le remplacement paroît difficile, quand on observe quecet Impôt procure actuellement à Votre Majesté unrevenu net de~ Cinquante - quatre millions: ainfi les Droitsde la Gabelle rapportent autant à Votre Majesté queJ’impôt fur toutes les propriétés foncières du Royaume,représenté par les deux V ingtièmes & les Quatre fous pourlivre du premier.
Le montant de ces mêmes droits dans les provinces degrandes Gabelles, y équivaut ou surpasse le produit de la'Taille & de ses accessoires;