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Manufactures soient également répandues dans vos Provinces,mais cette uniformité n’est pas nécessaire; peut-être mêmey a -1 - il des inconvéniens à vouloir, par de trop grandsencouragemens, établir dans certains lieux les mêmes Fa-briques qui prospèrent ailleurs d’elles-mêmes, c’est exciterdes jalousies & exposer l’Administration à agir sans cesse.
J’ai vu naître aussi beaucoup d’émulation de sinstitutionque Votre Majesté a faite d'un Prix annuel en faveur del’invention la plus utile au Commerce & aux Manufactures.La gloire de toute espèce est l’heureux mobile des François.& l'on peut dans toutes les Administrations tirer un grandparti de ce noble & brillant caractère.
Il est des Arts distingués qui ne font point du départementdes Finances ; mais ils l’intérestent infiniment par leur influencefur le Commerce & fur les Manufactures. D’ailleurs, c’esten partie par la célébrité des Arts & par leur perfection,qu’on attire dans un Royaume les Voyageurs & les Etrangers ;& je ne crains point de dire que la dépensé de ces Etrangersdans vos États, est un des meilleurs Commerces de votreRoyaume. On présume, d’après difsérens renseignemens,qu’en temps de paix, ces dépenses occasionnent un ver-sement en France de plus de Trente millions par an.
Je crois donc, Sire, qu’il importe à la prospérité deFÉtat que les talens distingués y soient excités & favorisés »d’autant plus qu’aujourd’hui, soit que les hommes supé-rieurs soient rares, soit que les Arts soient assez avancés pourqu’il devienne difficile d'élever la tête au-destus des rangsordinaires, Votre Majesté ne fera obligée qu’à une très-petite dépense pour ménager à son Royaume tout l’éclatqu’il peut tirer de la réunion de$ hommes célèbres.
Poids