Buch 
Compte rendu au Roi / par M. Necker
Seite
96
JPEG-Download
 

9 6

Manufactures soient également répandues dans vos Provinces,mais cette uniformité nest pas nécessaire; peut-être mêmey a -1 - il des inconvéniens à vouloir, par de trop grandsencouragemens, établir dans certains lieux les mêmes Fa-briques qui prospèrent ailleurs delles-mêmes, cest exciterdes jalousies & exposer lAdministration à agir sans cesse.

Jai vu naître aussi beaucoup démulation de sinstitutionque Votre Majesté a faite d'un Prix annuel en faveur delinvention la plus utile au Commerce & aux Manufactures.La gloire de toute espèce est lheureux mobile des François.& l'on peut dans toutes les Administrations tirer un grandparti de ce noble & brillant caractère.

Il est des Arts distingués qui ne font point du départementdes Finances ; mais ils lintérestent infiniment par leur influencefur le Commerce & fur les Manufactures. Dailleurs, cesten partie par la célébrité des Arts & par leur perfection,quon attire dans un Royaume les Voyageurs & les Etrangers ;& je ne crains point de dire que la dépensé de ces Etrangersdans vos États, est un des meilleurs Commerces de votreRoyaume. On présume, daprès difsérens renseignemens,quen temps de paix, ces dépenses occasionnent un ver-sement en France de plus de Trente millions par an.

Je crois donc, Sire, quil importe à la prospérité deFÉtat que les talens distingués y soient excités & favorisés »dautant plus quaujourdhui, soit que les hommes supé-rieurs soient rares, soit que les Arts soient assez avancés pourquil devienne difficile d'élever la tête au-destus des rangsordinaires, Votre Majesté ne fera obligée quà une très-petite dépense pour ménager à son Royaume tout léclatquil peut tirer de la réunion de$ hommes célèbres.

Poids