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publiant qu’ils avoient empoisonnéFedor : tout ce qui lui étoit suspectfut immolé. Il arriva alors ce qui arrivedans toutes les conspirations : les ven-geances des particuliers furent atroces ;chacun des conjurés se fit justice de sesennemis, tous devinrent les bourreauxde leurs Princes ; l’aïeul & un onclede Pierre furent massacrés.
Tels furent les degrés qui servirenth l’élévation de Sophie. Enfin, fan1683 , les Streltjì , ministres & com-plices de tous ses forfaits, Payantrendue maîtresse du fort de ses frères ,les proclamèrent Souverains, en leurassociant leur infâme sœur en qualitéde Régente : c’étoit lui mettre en mainune autorité qu’elle efpéroit conserverlong-tems. Son frère aine, toujoursvégétant, ne lui laissoit rien à craindre.Pierre, dont le génie ardent com-mençoit à se manifester, lui donnoit