CHAP. III. Sect. III. Corroyer les Bois . 53
se propose d’exécuter. L’autre partie du bouvet est une joue qui s’éloignede la précédente, au moyen de deux tiges en bois taraudées , et de quatreécrous qui la fixent à la distance déterminée. La fig. 34 bis représente lebouvet, vu par le bout.
Il est un autre bouvet, nommé Bouvet d'assemblage, fig. 35. Cet outilest composé de deux pièces séparées ou réunies à la volonté de celui quil’emploie. L’une a le fer fourchu , et sert à faire la languette ; l’autreporte un fer simple pour creuser la rainure. L’épaisseur des planches qu’onveut assembler détermine la grosseur du bouvet. Pour assembler deux plan-ches à rainure et à languette, il faut commencer par donner un coup de var-lope sur le plat du plus beau côté, qui doit servir de guideau bouvet, puisdresser parfaitement les champs ou rives pour y faire ensuite, à l’aide dubouvet, à l’une la languette, à l’autre la rainure. Si on a plus de deux plan-ches à réunir ensemble, il faut que toutes , excepté la première et la der-nière, portent une languette d’un côté et une rainure de l’autre. Lorsque larainure est faite, il faut en rafraîchir les champs avec une varlope qui coupebien, et qui prenne peu de bois; puis, avec un guillaume, retirer lesangles intérieurs de la rainure. Pour faire la languette , lorsque la riveest bien dressée, il faut de même en abattre les deux angles avec la var-lope, pour que le bouvet prenne plus facilement. Lorsque la languette estfaite , on donne un coup de guillaume sur le joint apparent; puis onretire les angles du sommet de la languette.
La hauteur des languettes, et la profondeur des rainures, sont de 3 à5 lignes, suivant l’épaisseur des bois. Lorsqu’on se trouve borné par ladimension des bois , ou lorsqu’on emploie des bois précieux , on fait unerainure sur chaque rive, et on rapporte une baguette en bon bois , quiremplit les deux rainures , sans cependant toucher le fond. Nous ne pou-vons dissimuler que ce dernier moyen est le meilleur; mais, comme ildemande plus de temps, on ne l’emploie que dans les deux cas indiquésci-dessus.
La fig. 19 représente le trusquin. Cet outil se compose de deux piècesprincipales : la partie A est la plaque percée à son centre d’un trou carré,ou de toute forme, dans lequel entre à frottement juste une tige B deforme semblable. Sur l’épaisseur de la plaque A est percée une mortaiseméplate pour recevoir un coin qui la traverse, et sert à fixer la tige Bau point déterminé. A l'une des extrémités de cette tige se trouvent depetites pointes d’acier. Sur une face on en met une seule, et sur les autresfaces, deux distantes entre elles de l’épaisseur des becs-d ane les plus usités.