MANUEL DU TOURNEUR.
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On place ensuite le côté terminé dans l’étau, et on en fait autant àl’autre bout, après quoi on détord la portion tordue vers le milieu, etcette torsion se répartissant sur toute la longueur de la corde, et en par-ticulier sur l’épissure, lui donne toute la solidité qu’on peut désirer. Sil’épissure a été faite avec les précautions que nous venous de détailler, lapartie épissée ne sera guère plus grosse que le reste de la corde; encorecet excédant disparoît-il à mesure qu’on en fait usage.
L’opération que nous venons de décrire peut servir également à joindreles deux bouts d’une corde à boyau ; toutefois nous ne conseillons pasd'en faire usage, car il faut préalablement les amollir dans l’eau, et il s’enexhale alors une odeur infiniment désagréable. Il faut donc, comme nousl’avons dit, se servir de préférence des crochets d’acier représentés Jîg. 6,PI. 36, T. II. Ces crochets sont percés et taraudés dans la longueur de leurpartie cylindrique. L’un, A , est entièrement fermé, et l'autre, B , est ou-vert pour recevoir le premier et réunir ainsi les deux bouts de la corde,qu’on coiqiera juste à la mesure nécessaire. On diminue un peu de gros-seur chaque bout de la corde à trois ou quatre lignes avec une lime bâ-tarde, et on fait entrer chaque bout dans un crochet en l’y vissant avecun peu de force. Quand le bout excède en dedans de l’anneau, on faitchauffer un morceau d’acier rond ou de gros fil-de-fer; et l’introduisantdans l’anneau , on chauffe chaque bout, qui, comme toutes les matières ani-males, se grille et se gonfle , et parce moyen remplit avec force l’intérieurde la partie taraudée, et forme au bout une espèce de rivure très-solide.Quand on veut tourner , il suffit de passer la corde sur la poulie du Tour,de la croiser, quand elle doit l’être, en la passant dans l’arbre de la roue,d’agrafer les crochets de côté, et de mettre la corde sur les poulies corres-pondantes , après quoi on la tend convenablement, au moyen du châssissur lequel est toujours montée la roue motrice.
On peut aussi ajuster de semblables crochets aux deux bouts d’unecorde de chanvre ; mais alors il faut que le trou des crochets soit taraudéà gauche, parce que ces cordes sont tordues de droite à gauche, au lieuque les cordes à boyau sont tordues dans le sens opposé.