CH AP. I. Sect. TV. Instrument propre à affûter les Outils , etc. ay5sont taillés par les deux bouts, et ordinairement d’une proportion unpeu plus petite par un bout que par l’autre : par ce moyen, les outilstonds et les mouchettes peuvent se suivre en diminuant insensiblement.On peut varier ces outils , selon le goût de l’Artiste et la pièce qu’il tra-vaille : on s’est borné ici à donner les principaux pour les faire connoître.
Les Amateurs peuvent s’en construire eux-mêmes avec de l’acier fonduméplat, ou bien en forgeant et étirant de vieilles limes douces , et leurdonnant ensuite, avec beaucoup de soin , la forme qu’on désire. Nousrecommandons d’étirer l’acier de lime à la forge : il est constant, parl’observation , qu'une lime dont on formeront un outil sans la refor-gfer, ne prend pas une trempe aussi bonne que quand on le corroie denouveau.
Les outils à guillocher fatiguent ordinairement peu : aussi, quand ilscessent de couper vif, il suffit de les passer à plat sur la pierre à l’huile,ce qui leur rend la finesse de tranchant; mais pour les outils dont on sesert pour tourner le cuivre , l’ivoire et le bois , comme il faut souvent lespasser sur la meule, ils s’usent assez promptement ; et on est obligé de lesréparer en les faisant rougir cerise-brun ; après quoi on avive les tran-chans avec de petites limes convenables, comme si on les formoit pourla première fois, et on les retrempe dans l’huile, ou autrement.
Les outils, tels que les becs-d’âne, qui, pour pénétrer avant dans l’ou-vrage, ont besoin d’avoir à leur extrémité une partie dégagée très-longue,et par conséquent très-fragile, doivent avoir le biseau le plus court pos-sible pour conserver leur solidité ; et les côtés dégagés doivent se joindreau corps de l’outil par un congé qui leur donne plus de force.
SECTION IV.
Instrument propre à affûter les Outils à un ou deux tranchans, comme
Les personnes, même les plus exercées,éprouvent beaucoup de difficultéà bien affûter sur la pierre à l’huile les ciseaux, et surtout les grains-d’orge. Il est rare qu’on promène un grain-d’orge sur la pierre à l’huilebien plan, suivant l’un et l’autre biseau qu’on a faits à la meule. Quelquesouvriers, pour avoir plutôt fait, se contentent d’aviver l’angle du tran-chant, et d'élever un peu l’outil sur le plat, ce qui forme deux nom
35 .