CHAP. VI. Sect. IV. Manière de Guillocher au trait. 3^3heureuse application de quelques effets connus, de rosettes singulières, àdes cas dont on ne s’est pas encore avisé; et de là vient le mystère dont lesArtistes se sont toujours enveloppés. Un dessin nouveau paroît-il, chacuncherche à le copier, et tout en ne voulant qu’imiter, il devient souventlui-même créateur.
Les Tours à guillocher sont ordinairement accompagnés d’une certainequantité d’outils, qui se mettent sur le porte-outil du support à chariot.Ces outils servent à faire, d’un seul coup, des filets et des baguettes en cer-taine quantité, à droite ou à gauche : ainsi, les uns portent deux, quatre,six, plus ou moins de filets, à droite d’une baguette, et d’autres ont lemême nombre à gauche de la baguette. Ce sont des mouchettes entre desfilets, ou des filets entre des mouchettes : on se formera une idée exactede ces outils par l’inspection de ceux représentés PL 3r. Ceux., fig. 5 et 6,ne produisent sur l’ouvrage que des filets, et celui, Jig. iq, produit unebaguette et un seul filet. On les a gravés sous des proportions un peufortes, afin de rendre plus sensibles les profils qu’ils portent. On voit quecelui, fig. 18 , produit en creux ce que celui ,fig. iq, produit en relief, etcelui, Jig. ao, en creux, ce que produit en relief, celui, fig n. Enfin,on varie à l’infini tous les effets qu’on peut produire sur le Tour, etc’est à l’Artiste à les combiner et à les appliquer avec goût et intelligence. Ilfaut avoir des becs-d’âne de toutes les largeurs ,jig. 7 et 8, depuis deux outrois lignes, jusqu’aux plus étroits, et tous décroissant insensiblement.On aura aussi des mouchettes, Jig. 17, de plusieurs largeurs, et dont lesunes soient des demi-cercles, et d’autres des portions de cercle plus oumoins grandes, afin d’obtenir plus ou moins de relief.
L’usage a introduit des outils à guillocher, dont les deux bouts ont àpeu près le même profil ou l’inverse, ou le contraire l’un de l’autre. Sansdoute c’est un moyen avantageux pour ne pas multiplier le nombre desoutils; mais si leur longueur excède celle du porte-outil du support àchariot, on a de la peine à faire mouvoir la vis de rappel ; et d’ailleurson risque de se blesser la main. S’ils sont très-courts, et qu’on soit obligéd’avancer l’outil hors du porte-outil, pour travailler dans quelque partierenfoncée, ils ne portent plus sous l’une et l’autre vis : il faut donc que leurlongueur soit proportionnée à celle du porte-outil. Cette observation 11’alieu que pour les supports à chariot anciens : ceux qu’on construit main-tenant ont leur coulisse et leurs coulisseaux assez longs pour contenir desoutils de longueur nécessaire.
Lorsqu’on veut guillocher une pièce, il faut d’abord la monter sur un