Y,',o MANUEL DU TOURNEUR.
Artiste emploie celles qui lui semblent le plus commodes, pour rendretelle ou telle partie du dessin qu’il veut exécuter; car il ne faut pas s’ima-giner qu’il en soit de ces meules comme des rosettes du Tour à guillocher,dont l’elfet est presque toujours connu et prévu d’avance; ici tout dépendde la position, plus ou moins inclinée dans un sens ou dans un autre, dela pièce que l’artiste tient entre ses mains, et du mouvement qu’il luidonne pendant le passage de la petite meule.
On conçoit, d’après ce que nous venons d’exposer, qu’il n’est guèrepossible de donner de règles certaines pour un genre de travail qui dé-pend en très-grande partie du goût et de l’imagination de l’Artiste.
Avant tout il faut enduire de boue d’éméri la surface sur laquelle onveut opérer, et y tracer avec une pointe très - fine le croquis du dessinqu’on veut exécuter; après quoi on place dans le trou de l’arbre une petitemeule extrêmement fine, avec laquelle on entame le verre en suivant lescontours de ce croquis.
L’Artiste s’assied pour cet effet devant l’établi, sur lequel il appuie sesdeux coudes, ce qui lui donne la facilité de se servir des deux mainspour tenir la pièce qu’il présente à la meule dans toutes les positions, etsous tous les degrés d’inclinaison nécessaires.
Quand cette première ébauche est terminée, on remplace la meuletranchante par d’autres de forme appropriée pour terminer toutes lesparties du dessin, en les creusant plus ou moins suivant les effets qu’ellesdoivent rendre.
Par l’effet du passage des petites meules enduites d’éméri délayé, le verrese trouve entamé et en même temps dépoli. Pour rendre le brillant auxparties du dessin qui en sont susceptibles, il faut les présenter à une meulede forme appropriée, et que l’on saupoudre de potée d’étain à sec.
C’est en combinant ainsi le mat avec le brillant, qu’ou peut produiredes dessins fort purs, et décorer d’une manière très-agréable desvases, sem-blables à ceux qu’on voit sur l’établi, qui font l’ornement de nos tableset de nos salons.
Le Tour dont nous venons de donner la description sert encore à graverles pierres fines. La manière de travailler est la même ; seulement on sub-stitue à l’émeri délayé la poudre de diamant humectée.