$co MANUEL DU TOURNEUR.
trouve en France clans les environs de Cluny , en Lorraine , et dans diffé-rentes contrées de l’Allemagne .
L’albâtre se débite avec une scie ordinaire, en suivant, autant que pos-sible, les couches qui forment le fil delà pierre. Il y a une espèce d’albâtrequi est presque tout cristallisé en rayon , et que l’on scie de manière à ren-contrer la superficie des aiguilles. C’est ce.qu’on appelle l’albâtre glacé,qui est très-brillant et très-agréable à l’œil. Avant de mettre au Tour lestronçons qu’on veut employer, on en arrondira les angles avec une râpe,en approchant, autant que possible, de la forme qu’on veut leur donner.
Si la pièce qu’on veut exécuter est un peu forte, comme seroit, parexemple, une colonne de i 5 à 18 lignes de diamètre, on peut la mettreentre ddux pointes; mais , cette matière étant trop friable pour supporterl’effort de la pointe, il faut percer au centre de chaque bout un trou peuprofond dans lequel on place une cheville de bois tendre qui doit y en-trer gaîment, et qu’on y fixe avec un peu de mastic. On peut alors placerles pointes du Tour sur ces deux chevilles, sans craindre d’endommagerl’albâtre.
Il faut encore avoir soin, dans ce cas, de prendre un morceau d’albâtreun peu plus long que la pièce qu’on veut exécuter, afin de pouvoir placerla corde à gauche et en dehors de la partie qu’on travaille, sur laquelle lacorde laisseroit toujours une impression difficile à détruire.
Si la pièce n’étoit pas, par sa forme, de nature à être tournée entre deuxpointes, on la monteroit sur le Tour en l’air à l’aide du mastic à chaud, ditmastic de fontainier ; car il ne faut pas penser à saisir une pièce aussi fra-gile dans la portée d’un mandrin : le moindre effort qu’on feroit pour l’yfaire entrer, la briseroit infailliblement.
Enfin, si la pièce étoit assez longue pour qu’elle dut être tournée entredeux pointes, et qu’on n’eût pas un morceau assez long à sa disposition,pour pouvoir réserver une bobine à gauche, on la monteroit sur le Touren l’air, comme nous venons de le dire, et on approcheroit la poupée àpointe du bout à droite, pour la soutenir.
De quelque manière que la pièce soit montée sur le Tour, on se servirad’un grain-d’orge, pour l’ébaucher, et on la terminera avec des outils à unbiseau, et de forme appropriée que l’on présentera, aussi bien que legrain-d’orge, un peu au dessus du centre. Il faut avoir la main légèreet prendre bien garde d’engager l’outil, car une résistance un peu forteauroit bientôt réduit l’albâtre en poussière.
Dans tous les cas il faut s’arranger de manière, en montant un mor-