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La Russie et ses chemins de fer / par Emile Barrault
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LA RUSSIE ET SES CHEMINS HE FER.

elle suppléera à l’insuffisance de ces communications, elle les meten rapport dans le sud.

Parmi les aboutissans de cette combinaison de routes ferrées etfluviales, Liebau est une place obscure, Théodosie a été autrefoiscélèbre. Théodosie , au sud-est de la Grimée, se recommande parl’excellence de ses avantages nautiques et de sa situation, qui dé-cida les Grecs dans l’antiquité et les Génois dans les temps modernesà y établir un port commercial. Selon Strabon , hOO ans avant l’èrechrétienne, Théodosie était assez florissante pour que l’un des roisdu Bosphore cimmérien en tirât 2,100,000 mesures de grains, qu’ilenvoya à Athènes , désolée par la famine. Vers la fin du xi e siècle, lepremier siècle des croisades, les Génois y avaient déjà fondé leurcomptoir fameux de Caffa, que la naïve admiration des Tatars sur-nomma le petit Constantinople , et ils n’en furent expulsés qu’aprèsla ruine de l’empire grec. Deux cents ans plus tard, le voyageurChardin y retrouva un reste d’activité; il raconte y avoir vu entrerZi00 bâtimens en un mois. Durant cette période, le nom de Caffa pré-valut; dès que Catherine II eut conquis la Crimée , en future libéra-trice de la Grèce , elle rendit à la presqu’île la dénomination hellé-nique de Tauride; Caffa redevint Théodosie. Comme Odessa à l’ouestet Taganrog à l’est, Théodosie correspond aux provinces fertiles dela région centrale de la Russie . Odessa ne peut desservir toutes cesprovinces; elle n’en dessert que quelques-unes, et elle est devenueen cinquante ans le second port marchand de l’empire; Théodosie sera son heureuse rivale en desservant les autres. Outre sa part derelations directes dans l’intérieur, elle attirera une partie des rela-tions de Taganrog et des autres ports de la mer d’Azof, parce qu’elleleur offrira un écoulement plus aisé en les dispensant des circuitsdu Volga et du Don à cette mer fermée; elle y ajoutera ses rela-tions avec le littoral oriental de la Mer-Noire et du Caucase, aux-quels elle touche; enfin elle sera liée à Moscou ; peut-être la vieillecité des Grecs et des Génois ressuscitera-t-elle avec éclat. Quant àLiebau, de nos jours comme au beau temps des villes hanséatiques,ce port a été éclipsé par Riga , que le voisinage de l’embouchurede la Dvina désignait pour le débouché du pays; il n’a même enmoyenne qu’un mouvement de 20,000 tonneaux par an; c’est unparvenu sans antécédens. Le chemin de fer lui tient compte d’êtrele port russe de la Baltique à la fois le plus occidental et le plus mé-ridional; il est le plus à portée des arrivages de l’Europe ; il ne gèleque par les hivers les plus rigoureux, encore la navigation n’y est-elle suspendue que six semaines au plus, tandis que les ports deRiga et de Pétersbourg sont régulièrement bloqués par les glacesdurant cinq mois de l’année. Abordable par presque tous les vents,