INTRODUCTION HISTORIQUE. 11identique à celle de nos jours. Voici d’ailleurs l’extrait de l'ar-ticle concernant le dégraissage, le foulage et les apprêts desdraps des anciens Romains, avec les dessins des figures trou-vées à Pompéi, tel qu’il est donné dans le dictionnaire des an-tiquités romaines et grecques:
« Fullo(xvageus) foulon, nettoyeur et dégraisseur d’étoffes(Mart, xiv, 51), Les foulons, qui forment une corporation très-importante, étaient fort employés, comme nos blanchisseurs,pour nettoyer et blanchir les vêtements après qu’ils avaient étéportés; ce qui se faisait en foulant les étoffes dans de largescuves d’eau mêlée d’urine(Pline, Hist. nat., xxvim, 18) dansdes vases exposés aux coins des rues à cet effet(Mart. vi, 93).On séchait et on blanchissait alors l’étoffe en la posant sur unchâssis demi-circulaire au-dessous duquel était un pot de soufre,après quoi on la suspendait et on en’dépressait et arrangeait lepoil avec une brosse et un chardon à cardes; en dernier lieu,on le portait à la presse( pressorium), où elle était définitive-ment unie et condensée par l’action d’une vis.»
L'indication de toutes les opérations encore pratiquées àl'heure qu’il est, si ce n’est le tondage, se trouve nettementmentionnée dans ce passage. Le dégraissage, le foulage, leblanchissage et l’apprêt à la presse. Nous disons le blanchis-sage, car le soufre était évidemment destiné à être allumé dansUN pot pour transmettre les vapeurs sulfureuses à l’étoffe éten-due par-dessus le séchoir, qui ressemblait aux paniers dont onse sert dans nos bains pour chauffer le linge. Quant au filageet au tissage, ils étaient exécutés, le premier au fuseau, et lesecond au‘e/a, métier vertical, analogue à celui dont se sertencore l’industrie de la tapisserie, ou à hautes lisses, trop con-nue pour que nous ayons à nous y arrêter,
Nous donnons, d’après l'ouvrage déjà cité! un plan considé-
1 Dictionnaire des antiquités romaines et grecques, par A, Rich; tra-duction de M. Cheruel. 1859,