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Tome premier.
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20 PREMIÈRE PARTIE.

ténébreuse et tumultueuse époque. Dès qu’une lueur de paixet d’ordre se manifeste, il est question du travail fondamentalde la laine et des moyens de le développer. Aussi, n’est-il pasétonnant de voir le domaine impérial sous Charlemagne secomposer d'habitations de luxe et d’ateliers de diverses sortes.Ceux destinés aux étoffes portaient encore le nom de gynécées,quoique le travail n’y fût pas exclusivement dévolu aux femmes.

Dans ses Capitulaires, où les mots de drapus et trapus selisent*, l’auteur ne dédaigne pas de s’occuper de détails très-humbles en apparence. Il recommande la propagation des bre-bis, il installe dans ses domaines des tailleurs, des tisse-rands, etc. Malgré les déchirements des règnes suivants, il estprobable que les tentatives de cet homme de génie n’au-raient pas été sans influence sur les arts en général et spéciale-ment sur le travail des laines, si ses successeurs, qui se sontpartagé son héritage, avaient pu s’inspirer de ses vues*. Malheu-reusement les déchirements intérieurs et les guerres qui ontsuivi le glorieux règne de Charlemagne, ont bientôt fait dispa-raître le commencement de civilisation à laquelle il avait im-primé une si vigoureuse impulsion, la fabrication des lainagesn’avait cependant pas disparu; elle s’était lentement développée

* Drap est un vieux mot gaulois, dit Savary, qui se trouve dans les plusanciens titres, et que les peuples voisins ont emprunté de nous. Ducangedit qu’il vient de drappus ou drapus, dont il est parlé dans les Capi-tulaires.

? Le règne de Charlemagne n’est certes pas exempt de certains actesd’intolérance déterminés par la pression du fanatisme, la cupidité desmasses et qui ont eu en tout temps une si fâcheuse influence sur le progrès,Mais à côté de ces faits, les historiens en signalent d’autres qui prouventque ce prince avait devancé les idées de son temps. Le moine de Saint-Gall cite un juif devenu le favori de Charlemagne, et Blanqui dit« que lesjuifs étaient alors les dépositaires des plus belles étoffes, dont ils répan-daient l’usage dans les châteaux et les abbayes. Ils avaient déjà beaucoupsimplifié les procédés commerciaux, et leur correspondance aurait faithonneur aux plus habiles négociants de notre temps.»