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Tome premier.
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38 PREMIÈRE PARTIE

ceux qui s’en servaient; qu’il fallait, en un mot, exécuter la ju-ridiction qui avait fait justice des apprêts au fer et à l’airainchauffés.

Nous avons déjà reconnu que les corporations ont produitcertains bons résultats, elles ont permis d'organiser une défensecontre les vexations et les abus dont leurs membres étaient vic-times de la part des seigneurs féodaux. Mais la postérité leur de-

-vrait beaucoup plus de reconnaissance pour ce fait si, à leurtour, elles n’avaient abusé de leur force contre le faible, et n’é-

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taient devenus tyranniques jusqu’au ridicule, ou si le principede leur organisation, au lieu d’avoir été une cause de stagnation,avait stimulé lé progrès de façon à pouvoir tenir tête à la con-currence étrangère. Or, il n’en était rien; l’industrie était con-stamment aux abois. Nous lisons dans une pièce manuscritesans date de la Bibliothèque impériale, mais qui avait été évi-demment adressée à Louis XIII et à l’Assemblée des notablespar les manufacturiers de France:

« Agréez, Sire, que les‘marchands parlent de leur art, etvous proposent les manufactures en France comme un remèdeprompt et innocent au mal et au soulagement unique à la pau-vreté de la plus part de vos sujets.

« Cette proposition n’est pas si petite qu’elle n'importe tousles ans au royaume de trente millions.

« L'Italie tire tous les ans de France trente millions pour lesouvrages de toilles d’or et d'argent, or pilé, drap de soie, razde Milan et broderies, sans les soies crues qui importent deuxà trois millions.

« La Flandre, qui naguère venait acheter à Lyon et lieux cir-convoisins les soies manufacturées, tire maintenant de Francehuit millions par an pour camelots, serges, tapisseries, toiles,dentelles, points coupés, velours et passements, façon de Milan.

« L’Angleterre trente-quatre millions pour draps, serges etbas estames. La Hollande autant pour les toiles.