40) PREMIÈRE PARTIE.
par Charles IX, qui« desnie toute action pour vente de draps desoye à crédit à quelque personne que ce soit, si ce n’est de mar-chand à marchand*.»
Cette pièce, qui nous a paru curieuse par les renseignementsqu’elle donne sur les prix de certaines matières premières et deleurs produits, n’est pas moins intéressante comme constata-tion de l’état des choses assez peu de temps avant l’avénementde Colbert, et comme preuve de l’inefficacité de la sévère régle-mentation imposée jusqu’alors. Elle prouve de plus que l’in-dustrie existait souffrante et sans ressort il est vrai, par suite destroubles politiques et des abus qui s’étaient succédé depuis tantde siècles. Elle s’en prend à l’obstacle direct qui la frappe sansen chercher les causes ni les moyens, pour pouvoir lutter àarmes égales contre ses redoutables adversaires, dont les uns,comme les Espagnols, les Italiens et les Flamands, avaient uneavance séculaire sur elle, et les autres, tels que les Anglais,venaient d'entrer dans la voie avec une résolution, une protec-tion et une indépendance relatives, une vigueur et un géniecommercial qui ne les à plus quittés depuis. Si d’ailleurs un per-fectionnement susceptible de faire sortir l’industrie de sa rou-tine s'était révélé, il eût été impossible de le faire appliquer etde le propager. Nul dans la spécialité n’eût osé y songer, etencore bien moins proposer la libre concurrence, qui eût faitécraser pour longtemps l’industrie française par ses rivales.
ist-ce à dire que le remède à la fcheuse situation indiquéedans le document que nous venons de citer devait se trouverdans une réglementation excessive? nous ne le pensons pas.Elle avait produit tout ce qu’on pouvait en espérer dès le sei-zième siècle; c'est à d'autres mesures qu’il faut attribuer le dé-veloppement du travail des lainages depuis Colbert jusqu’à larévocation de l’édit de Nantes. Ces progrès eussent pu être plus
* Advis pour les manufactures de France av Roy et à nos seigneurs del’Assemblée des notables(Mss. 436).