50 PREMIÈRE PARTIE.
À peine réglementée et en voie de se développer, l’industriefut troublée par les invasions anglaises, qui mirent la plupartdes gens paisibles et les fabricants en fuite; ils ne revinrent enNormandie que lorsque la guerre et les dévastations cessèrent,sous le roi Charles V. Ses lettres patentes de 1372 à 1379 té-moignent du fait‘.
Dès lors les fabriques de Normandie continuèrent à pros-pérer; des ordonnances de 1474, de Louis XI, de Charles VIII,en 1490, indiquent le développement des établissements nor-mands et leur commerce de draperie avec la capitale et les
‘principales villes du centre de la France. L'importance, la ri-chesse et la piété de la corporation des drapiers-drapants d'El-beuf, des quinzième et seizième siècles, ont laissé des témoinssur les vitraux de l’église Saint-Etienne, représentant des our-disseurs et des tisserands au travail. Plusieurs écrivains pré-tendent que le métier concerne la tapisserie, sans doute à causede la présence de quatre canettes employées ordinairement pourla tapisserie, Mais le concours des deux ouvriers agissant simul-tanément pour faire mouvoir une lame sur toute la largeur dumétier, nous fait croire qu’il s'agit de la draperie. D'ailleurs ilest hors de doute que l’ouvrier ourdisseur des vitraux prépareune‘chaîne pour le drap. On ne comprend pas que, voulantlaisser un souvenir de son art, la corporation des drapiers aitchoisi l’appareil accessoire, l’ourdissoir, et ait laissé de côté lemétier à tisser, à moins que l’on n’ait eu l’idée de faire figurerce métier comme pouvant servir aux deux spécialités, la dra-
perie et la tapisserie. De là la présence de plusieurs trames sur
Dans la charte de 1372, il est dit;« Les drapiers ont été chaciez horsde leurs lieux et pais lau ils souloient de mourer et gaigner leurs vies etchevancer de leurs dits mestier et ouvrage de draperie; ils se sont retraizen nostre dicte ville de Rouen et fauxbourgs d’icelle et à l’environ, poureulx, en auloune partie, recouvrer de leur dit mestier et gaigner leursvies et sustancions, de eulx, leurs femmes et enffans.»(Reproduit d'aprèsGuilmeth.)