58 PREMIÈRE PARTIE.
l'industrie des lainages en France. Nous avotis vu, par ce quiprécède, le rôle important de cette fabrication déjà du tempsdes Valois, et l'existence bien antérieure de tous les principésencore appliqués à l’heute qu’il est, et surtout au moment del’avénement au trône de Louis XIV. Mais si les principes et lesmoyens étaient connus sous le rapport technique, léur emploiet le développement du travail auquel îls servent de bases,avaient éprouvé de mouveau un temps d'arrêt funeste, à lasuite de la mort de Henri IV et pendant la minorité d foi dontColbert allait devenir le ministre principal.
Tout en constatant, à son arrivée au pouvoir, le déplorableétat. de l’industrie, ce ministre est loin d’en nier l’importäncepassée. Il est difficile, cependant, d’admettré sans résérvé l’ap-préciation qui précède la révision dès règlements dé 1667, tors-qu’on lit dans un des manuscrits de 1654, cités par M. Clé-ment, dans son Histoire de Colbert, une remontrance de sixcorps de marchands dé la villéë de Paris à Loüis XIV, que laFrance n’avait que son commerce et ses manufactures pour‘attirer l’or et l'argent qui faisaient subsister l’armée: qu'elleenvoyait aux étrangers les toiles, lès serges et étamities deReims et de Châlons, les futaines de Troyes et dé Lyon, les basde soie et de laine d’estame, de poil dé chèvre, éte. A la mêtneépoque, la France recevait, il est vrai, pour 8 millions de d"apsfins de l'Angleterre: mais après en avoir fait des assortiments,elle en expédiait pour 30 millions en Turquie, en Espagne, enPortugal, on Italie, aux îles et aux échelles dt Levant. L’indus-trie vendait donc au dehors pour 22 millions de lainages de sapropre fabrication. Ce n’est pas là le résultat de manufeturescomplétement anéanties, comme le dit l'exposé de Colberten 1667,
On lit, en effet, dens son rapport au roi:
«Toutes les mañuifäcturès, qui éstoient autrefois sy grandesau dédans du royaume, estoient entièrement abolies; les Hol-