62 PREMIÈRE PARTIE,fleurit bien longtemps encore après le règne de Louis XIV 4,»
Colbert, en mourant, deux ans avant la révocation de l’éditde Nantes, et après avoir pu constater les heureux résultats deses efforts en faveur de l’industrie française, était loin de sedouter qu’ils allaient profiter aux concurrents étrangers et sur-tout aux manufacturièrs anglais. Les historiens évaluent à deuxcent mille les émigrants que la révocation de l’édit de Nanteschassa de leur patrie. Un nombre considérable de fabricants delainages en firent partie. Les pays voisins, et surtout la Grande-Bretagne, les accueillirent avec empressement, On aime à pen-ser que Colbert, qui s’était montré aussi tolérant que l’époqueet sa situation le permettaient, n'aurait pas signé cette révo-cation, arrêtée à l’unanimité par les conseillers de Louis XIV,Le grand ministre se serait rappelé ces belles paroles inscritesen tête d’une ordonnance de son ressort:« La justice est leplus solide fondement de la durée des Etats; elle assure lerepos des familles et le bonheur des peuples. Nous avons em-ployé tous nos soins pour la rétablir par l’autorité des lois audedans de notre royaume, après lui avoir donné la paix par laforce de nos armes ve,
Le repos d’un nombre considérable de familles, la prospéritédu peuple se sont trouvés compromis pendant longtemps pouravoir-oublié ces grandes maximes, Pendant le siècle qui séparela fin du règne de Louis XIV de la révolution, l’industrie deslainages s’est nécessairement ressentie non-seulement des con-séquence fatales de l’acte mémorable dont nous venons de par-ler, mais aussi de toutes les crises dont le pays a eu à souffrirpar les événements politiques, les accidents qui atteignirent lesrécoltes, ete, Elle s'est néanmoins soutenue, tant bien que mal,
* Wolowski, Compte rendu sur le concours relatif à l'administration deColbert.(Académie des sciences morales et politiques, année 1857,1°" semestre).
* Préambule de l’ordonnance civile, avril 1667,