298 PREMIÈRE PARTIE.
son toucher gras et huileux, si, comme dans la plupart descas, elle appartient à des moutons blancs; si le pelage est noirou brun, ce qui est beaucoup plus rare, la nuance naturelleest également masquée par le corps étranger, facile à constaterà l’œil et au toucher. Avec un peu d'habitude, on arrive à re-connaître que la quantité de substances signalées dont les lainessont chargées, sont variables, et que la proportion augmenteavec la finesse des brins de la toison; les plus fines présen-tent une coloration en jaune brun sale très-prononcée; les pluscommunes sont d’un blanc irrégulièrement jaunâtre.
Soumise à l’action de l’eau à la température ordinaire, soiten baignant et en frictionnant le mouton, soit en y trempantla toison coupée, elle perd une partie de son enduit et de sacoloration naturelle, elle en abandonne une quantité plus no-table encore si elle est traitée à l’eau chaude, et si enfin onsubstitue sur la laine tondue l’action d'un bain alcalin plus oumoins chaud, suivie de celle d’un lavage à l’eau ordinaire, lalaine perd pour ainsi dire toute sa matière grasse, reprend sateinte naturelle, blanche, noire ou brune. Les quatre modesd’opérer auxquels nous venons de faire allusion, sont prati-qués dans le commerce des laines. Elle peut, par conséquentse présenter à cinq états différents. Si elle est à l’état naturelrecouverte de toute la substance étrangère qui masque sablancheur, on la dit à l’état surge ou suint*; si elle n’a reçuqu’un lavage à l’eau froide, on la dit avée à froid ou à dos.La première dénomination désigne l’action de l’eau sur latoison coupée et trempée dans l’eau, la seconde indique quec’est sur l’animal que le lavage a eu lieu, Pratiquée à l’eauchaude, l’opération prend parfois le nom de lavage marchand,ou simplement de lavage à chaud. Enfin, la laine complétement
* On confond à tort ces deyux homs; le surge pouvant être enleyé à
l’eau froide, tandis que le suin b ne s’enlève qu’à l’eau chaude; la compo-sition des deux matières n’est, par conséquent, pas identique,