300 PREMIÈRE PARTIE.
leur propriété élastique, s’engrènent par les aspérités de leurssurfaces et restent fixées par l’action de la pression, qui les re-dresse et les allonge plus ou moins dans le corps du feutre.Elles s'agglutinent pour former une masse compacte. L’élasti-cité des brins élémentaires est, dans cette circonstance, utiliséecomplétement au profit de la constitution de la masse, qui estd'autant plus roide, moins flexible et élastique, que l’actionqu'elle a subie a été plus énergique et l’a plus rapprochée parses caractères du cuir, ou-de certaines matières cornées con-crètes de la nature des tiges de plumes, des ongles, etc, Cesproduits feutrés offrent, par conséquent, une cohésion touteparticulière, mais manquent plus ou moins de flexibilité. Dansles tissus, l’action du feutrage rapproche encore les fils et lieles brins entre eux, mais d’une manière moins énergique elmoins intime; il s'ensuit, d’une part, la disparition des inter-stices résultant de l’entre-croisement des fils au tissage et, parconséquent, une surface plus fournie en filaments, qu’il suffit demettre en liberté pour garnir le produit, et de l’autre, uneflexibilité et une élasticité dépendant précisément du mode deliaison des fils entre eux, qui n’ont pas besoin d’être aggluti-nés d’une manière intime pour former une surface régulièreLes produits mixtes, résultant de la réunion des nappes feu-trées à un tissu, participent, par leur apparence et leurscaractères, des deux genres d’étoffes. Chacun de ces articlesà des emplois spéciaux; mais il est des cas et certains usagespour lesquels ils peuvent servir indistinctement; il est par con-séquent convenable d’avoir une idée exacte sur leurs valeursrelatives. Nous reproduisons, par ce motif, des expériences com-paratives que nous avons faites avec notre collègue, M. Tresca,en 1858, au Conservatoire impérial des arts et métiers, sur làdemande de M. le ministre de la guerre, qui désirait connaîtreles propriétés et les qualités d’un certain nombre de types pourlesquels on soumissionnait.