388 QUATRIÈME PARTIE.
toute la pièce et pour réparer à la main et une à une toutes lesdéfectuosités. Ces appréciations perdent de leur importance pourles draps fins, parce que les époutis y sont assez rares, et que leurprix permet des dépenses impossibles pour les draps communs-M. Joly a donc été bien inspiré lorsqu’il imagina, en 1855, unmoyen plus expéditif et plus économique pour cacher les épou-tis. Son procédé est fort simple; il consiste en quelque sorte àse servir, au profit du cache-épouti, des moyens un peu modi-
fiés et déjà usités dans la teinture en pièce. Voici en quoi ils -
consistent: 1° dans un mordançage appliqué aux substancesvégétales; 2° dans l’application de la teinture d’une manièreuniforme sur la pièce; les substances étrangères se trouvantseulement dans les conditions voulues pour prendre la matièretinetoriale s’en imprègnent simultanément:
Les moyens matériels pour faire l'application sont tout aussisimples, La pièce à époutier est passée entre deux cylindres 04rouleaux placés dans un bac contenant la dissolution du mor-dant. Au fur et à mesure de son passage, et aussitôt qu’elles’est mordancée, elle reçoit une pluie de teinture par une têted’arrosoir; cette teinture se fixe-naturellement sur les pointqui ont de l’affinité pour la substance colorante, c’est-à-dirêsur les parties étrangères à la laine. Cette première manièr’d’appliquer le bain à pour but de s’en servir toujours au mèm®degré de concentration, tandis que par le trempage, les proportions changent et le bain pourrait se décomposer. Pour évitercet inconvénient, en agissant néanmoins par immersion eten faisant passer la pièce dans le bain de teinture, on ajoutéà la liqueur colorante une certaine proportion d’alcali pour laconcentrer; le tissu peut alors passer complétement dans Jebain avant que la décomposition dont il vient d’être questionait eu lieu.
Cette teinture des époutis d’une manière continue, au moyend’un mordançage sans effet sur la laine et propre à fixer la