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Tome second.
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424 QUATRIÈME PARTIE,

excessives despenses qui se pratiquent journellement, au tres-grand interest et dommage des pauvres artisans desirans obte-nir le degré de maistrise.» Des abus de toutes sortes et sur tousles points se manifestaient, au contraire, sous le règne deLouis XIV, si l’on en juge par les écrits émanant du gouverne-ment lui-même. La durée des apprentissages, l’expédition desbrevets des apprentis, la forme et la qualité des chefs-d’œuvre,les frais de réception des aspirants, les buvettes, festins et fraisde confrérie, le nombre des visites des jurés chez les maîtres,et généralement tout ce qui concernait la police des corps etcommunautés, laissaient à désirer et réclamaient des réformes.Ces améliorations ne se réalisèrent pas, si l'on en juge parl’'énumération de certaines dispositions bizarres faite dans lefameux édit du 22 février 1776, où Turgot dit:« Parmi lesdispositions déraisonnables et diversifiées à l'infini de ces sta-tuts, mais toujours dictées par le plus grand intérêt des maîtresde chaque communauté, il en est qui excluent entièrement tousautres que les fils de maîtres, ou ceux qui épousent des veuvesde maîtres; d’autres rejettent tous ceux qu’ils appellent étran-gers, c'est-à-dire ceux qui sont nés dans une autre ville. L’es-prit de monopole qui a présidé à la confection des statuts a étépoussé jusqu’à exclure les femmes des métiers les plus conve-nables à leur sexe, tels que la broderie, qu’elles ne peuventexercer pour leur propre compte.»

Voilà où en était arrivé l’abus d’un principe qui avait eu saraison d’être à l’origine et avait rendu d’éclatants services.L’abolition de l’ancien régime fut motivée par des considéra-tions qu’on ne saurait trop reproduire.« Nous devons à tousnos sujets, dit l’édit de Louis XVI en 1776, la jouissance pleineet entière de leurs droits. Nous devons surtout cette protectionà cette classe d'hommes qui, n’ayant de propriété que leur tra-vail et leur industrie, ont d’autant plus le besoin et le droitd'employer dans toute leur étendue les seules ressources qu’ils