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le Cossus, et celte multitude d’autres Insectes qui font quelquefoispérir par milliers les arbres de nos forêts.
J’avais pris connaissance en même temps des moyens de pré-servation employés par les hommes qui se sont dévoués à cetteutile investigation : en Allemagne, par M. Ratzeburg, le cé-lèbre forestier dont le bel ouvrage [Die forstinsecten) est si hono-rablement connu; en France, par MM. Audouin, Guérin-Mennc-ville, Robert, Michaux et quelques autres qui ont fait d'utilestravaux dans le but de préserver les arbres des Insectes nuisibles.
Cependant en voyant les dégâts commis par les Insectes sur lesArbres, je n’avais pu méconnaître en même temps les relationscurieuses, intéressantes qui existent entre les uns et les autres,rester insensible à ces harmonies ineffables que la Providencemanifeste à nos sens pour les transmettre à notre âme; j’avais ad-miré dans les Insectes les rapports qu’ils ont avec les Arbres, parleurs couleurs, leur conformation, leurs instincts, leurs industriesdans les différentes phases de leur développement. Ici, je voyaisla chenille de la Noctuelle échapper à ses ennemis en se posantsur les Lichens de l’écorce du Frêne, colorés comme elle , se con-fondant avec elle; là , c’était la larve du Charençon qui roule lafeuille du Coudrier en cornet, en estompe, qui la plie en valiseen y renfermant un œuf, et en pourvoyant ainsi à la sûreté et àla subsistance de sa larve à sa naissance. Là encore c’est leCynips dont la larve détermine par la succion l’afflux de la sèvesur la feuille du Chêne et la formation de galles sous la formesouvent élégante de fleurs et de fruits.
De cette double considération des ravages causés par les In-sectes et de toutes les harmonies qui les lient au règne végétal, ilrésulta dans mon esprit une disposition qui leur était moins mal-veillante que favorable; je me persuadai que leur destination dansl’économie générale de la nature était moins de nuire aux Arbresen restreignant leur multiplication dans les bornes nécessaires aumaintien de l’équilibre parmi les êtres, que de prendre leur part aubanquet que leur offrent les plantes , d’animer la scène végétale