soient l'incurie dont ils sont l'objet, l'empressement avec lequel ilssont abattus aussitôt qu'ils présentent quelque valeur, la parci-monie qui replante, la cupidité qui défriche, les arbres sont en-core le plus bel ornement de notre France ; il y a encore de bellesplantations, de grandes forêts; la sage prévoyance de nos ancêtresnous a dotés de ces ombrages. Nous voyons encore çà et là à l’en-trée des châteaux, à la porte des presbytères, sur les cimetières etles places publiques de nos villages, des arbres de Sully, c’est-à-dire de vieux Chênes, des Tilleuls caverneux qui ont été plantésen exécution de l’ordonnance rendue par Henri IV, à la demandede son ami, afm de multiplier les bienfaits que produisent lesplantations.
Les arbres fruitiers de nos jardins, de nos espaliers, de nosvergers, méritent bien les soins que nous prenons de les planter,de les cultiver, de les préserver de leurs ennemis. Dans Futilité etles jouissances que nous présentent leurs fruits, la Providence s’estmontrée ingénieuse à les multiplier, à les diversifier, à les répartirà toute l’année, à leur donner des qualités bienfaisantes pendantla saison de leur maturité. Elle les met à notre portée par le poilde hautenr des arbres qui les produisent, elle nous invite à lescueillir par leurs formes gracieuses, leur coloris, leur parfum; lors-qu'ils tombent, c’est sur un moelleux gazon, pour qu’ils ne sefroissent pas.
Avec quel plaisir ne revoyons-nous pas, à chaque printemps, fanouvelle évolution des fruits qui, comme une guirlande, se dé-roulent à nos yeux, charment tour à tour nos sens, et successive-ment rafraîchissent, purilient, calment, animent, réchauffent notresang par leurs salutaires propriétés. A peine la fraise a-t-elledisparu, qu’elle est remplacée par la groseille, la framboise;la cerise fait la transition avec les fruits à noyau et précèdel'abricot, la pèche, la prune; à ceux-ci se mêlent la mure,la figue ; ensuite mûrissent l’aveline, la noix, l’amande ; enfin ,la nèfle ; le raisin, la poire et la pomme, qui, par leur fa-culté de se conserver pendant l'hiver, prolongent nos plaisirs jus-