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ralrice de Moral (1); mais c'est particulièrement dans les en-virons de Genève que j’ai observé les arbres les plus remar-quables. En parcourant la rive septentrionale du lac jusqu’àVilleneuve, j’ai vu dans une riante prairie près de la jolie petiteville de Morges deux Ormes aux dimensions colossales. Chacund’eux avait à la sortie du sol 17 mètres de circonférence, et
tour de Bavière fit une ruine (*) et le dernier électeur do Cologne unovigne.
Elle nous montrait de môme dans quelques-unes de ces ruines le berceaude familles illustres que le temps a respectées, lorsque tant d’autres ontsubi le sort de leurs châteaux. Eile nommait les Nassau, les Dalberg, lesBrandebourg, les Stadion, les Latour et Taxis, les Liebenstein , les Wein-berg, les Steinbourg, les Ostein. Je savais qu’elle appartenait à l’une d'elles.
Quant à 1)."" de ***, le fleuve et ses bords, la chaîne du Taunus bornantl’horizon, les monuments de tant d’âges différents exaltaient son imagina-tion , enflammaient son âme et excitaient cette éloquence vive , entraînantequelle reçut duciel pour prix de ses vertus. Comme Corinne surlecapMisènc,Sa pensée plongeait dans le passé, s'élevait dans l’avenir, planait sur lestemps comme sur les lieux. Elle voyait le Rhin dans toute l’étendue de soncours, comme dans ses fastes historiques refléter uno image des siècles écou-lés. Né de ses trois ruisseaux tombés des Alpes, traversant en bondissantdans sa course fougueuse, les rochers, les glaciers , les vallées, les villesde la Suisse, se calmant dans le lac de Constance avant de s’écouler ma-jestueusement sur les limites delà France et de l’Allemagne, elle y voyaitla barbarie dans toute sa rudesse reculant peu à peu devant la dominationcivilisatrice des Romains , l’introduction du christianisme, l’influence deClovis et de Charlemagne, l’institution de la féodalité et de la chevalerie,l’invention de l’imprimerie et la diffusion des lumières, enfin l’action dugrand siècle de la France sur l’Europe entière.
Plus nous approchions de Wiesbadcn, plus son amour pour la Franceéclatait et s’inspirait des impressions qu elle allait recevoir. Elle y voyaitun illustre exilé qui présente à la fois tout l’intérêt qu’inspire les plus gran-des infortunes et les qualités les plus propres à exciter l’affection et l’admi-ration. Elle nous disait, dans la conviction de son âme, et avec la vivacité descs vœux pour la gloire et le bonheur de la France , tout ce qu’il nousest interdit, et que nous aspirons à la liberté de pouvoir redire un jour.
(1)11 existe un autre tilleul commémoratif de cette bataille, près deMoral, très remarquable par ses dimensions.
O En i5 9 3.