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programme précis, où chaque chose soit définie et discutée préalable-ment à l’exécution pour être mise jusqu’à l’entier achèvement à l’abri deces critiques irréfléchies et prématurées si décourageantes et si nuisiblesau perfectionnement des travaux.
Peut-être n’est-il pas hors de propos de faire ressortir la nécessité dedonner aux édifices un caractère conforme à leur destination, et surtoutde les construire avec des matériaux durables, pour qu’ils parviennentà la postérité, dont nos neveux recueilleraient pendant des siècles lesheureux fruits.
La grandeur, l’ordre, et une sorte de splendeur dans les édifices pu-blics , n’est pas une chose indifférente : elle n’est pas sans influence sur lacivilisation.
Pour se faire une juste idée de cette influence, qu’on se reporte à laprofonde impression que produisirent sur les peuples les monumensromains de tout genre, érigés en Italie et dans les Gaules } qu’on serappelle combien fut grande et rapide l’influence de ceux que le chris-tianisme éleva sur les ruines des antiquités romaines-, et plus près de nousencore, quelle haute opinion ne concevons-nous pas en observant cesédifices de tout genre qui ont fait l’illustration des arts et la puissancede la nation dans le siècle de Louis XIY. On y reconnaîtra cette mêmeinfluence, et la puissance du génie de ce siècle5 on se demandera enfinquelles seraient les exclamations de nos économistes du jour, si on leurproposait d’ériger un édifice semblable à celui de l’hôtel royal des Inva-lides , qui, dans son ensemble, dans ses détails, dans son administrationintérieure, inspire la plus profonde vénération!
En résumé, sans vouloir faire sortir les édifices du genre de ceux donton s’occupe avec tant de sollicitude en faveur des détenus, de la limitedes convenances, on doit former le vœu qu’à des vues moins restreintesque celles auxquelles on est peut-être forcé de tenir en ce moment, onpuisse en substituer de plus fixes, et que les dépenses en changemensannuels, en réparations de vieilles bâtisses, fassent place à un système derestauration invariable, dont les plans généraux et particuliers soientlargement conçus, médités et discutés profondément5 invariables danstoutes les parties de leur destination, et dont la construction suivie avecpersévérance devienne honorable pour l’Etat et pour les hommes qui enauraient préparé et assuré l’achèvement.
Quant aux architectes, ils ne pourraient que difficilement donner desplans utiles avant que la pensée des magistrats ait pu se fixer sur l’étenduedes réformes que l’on peut obtenir.
L’autorité d’une part, et l’architecte de l’autre, ont donc à savoir siles prisons doivent être combinées dans la vue de l’adoucissement despeines, et dans un système nouveau d’amendement des coupables, et en