CORPS OU TRONC.
455
L’ influence du système nerveux sur l’absorption est encore malconnue; mais, quelque incomplètes que soient les tentatives faitespour l’apprécier, elles prouvent cependant que les nerfs cérébro-spinaux ne sont pas nécessaires à l’accomplissement de cette fonction.Quant à la part d’action qui peut revenir aux nerfs ganglionnaires, ellereste tout à faire problématique.
Voies de l’absorption. — Nous avons vu que l’absorption n’apas d’appareil spécial et bien isolé. « Mais, comme il est deux ordresde vaisseaux chargés du transport des produits qu’elle a recueillis, ilest probable que ce sont les radicules de ces vaisseaux, c’est-à-direcelles des veines et des lymphatiques, qui saisissent les produits telsqu’ils sont, ou après leur avoir fait subir quelques modifications. Lesveines et les lymphatiques seuls peuvent avoir cet office, en raison dela direction centripète du courant des fluides qu’ils charrient (1). »
1° Absorption par les lymphatiques. — Les vaisseaux lymphatiques,qui forment un immense réseau dans presque toutes les parties del’économie, paraissent exclusivement créés pour absorber.
Grâce à leur rôle spécial, et bien qu’au point de vue anatomique ilsne se différencient pas de ceux du reste de l’organisme, les lympha-tiques de l’intestion ont reçu la dénomination de chylifères. D’où ladivision du système lymphatique en deux ordres de vaisseaux : leslymphatiques proprement dits et les chylifères.
Nous allons tout d’abord nous occuper des premiers :
Les vaisseaux lymphatiques paraissent manquer dans quelquesorganes, tels que l’œil, le cerveau; ils sont, au contraire, abondantsdans d’autres : par exemple, autour des articulations.
Ces vaisseaux naissent par des réseaux à mailles étroites ou par descellules communiquant entre elles, mais dépourvues d’orifices visi-bles. Dès qu’ils ont acquis un certain volume, ils se présentent sousl’aspect de canaux flexueux, étranglés et renflés par intervalles, àparois minces et munies à leur face interne de valvules destinées às’opposer au cours rétrograde du fluide qu’ils charrient.
Les lymphatiques, après avoir parcouru un certain trajet, à la sur-face ou dans l’épaisseur des parties, se portent vers \es ganglions, qu’ilstraversent en s’y divisant.
(I) G. Colin, loc. cit., t. II.