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RACES CHEVALINES.
modificalions profondes qu’ont imprimées chez nos races chevalines lesmilieux, la nourriture, la sélection, le croisement, etc. Nous ne dis-tinguons pas clairement, d’un autre côté, le point oh s’arrêtent lescaractères zoologiques et où commencent les caractères zootechniques.
La différenciation de ces caractères, si ingénieuse, si utile même quenous la considérions au point de vue pratique, nous paraît présenterce grave défaut d’être artificielle et, conséquemment, sujette àerreurs. C’est ainsi que telle transformation s’arrête, pour les uns, auxcaractères zootechniques, tandis que, pour les autres, elle atteint lescaractères zoologiques.
Nous admettons, en somme, qu’il se passe chez nos races cheva-lines ce que les médecins allemands établis aux Etats-Unis ont observéen ce qui concerne l’anglo-saxon américain : celui-ci, disent-ils, pré-sente, dès la seconde génération, des traits du type indien qui le rap-prochent des Lenni-Lennapes, des Iroquois, des Chérokees... La peaudevient sèche comme du cuir. La tête se rapetisse et s’arrondit ou de-vient pointue. Elle se couvre d’une chevelure lisse et foncée en cou-leur. Le cou s’allonge. On observe un grand développement des oszygomatiques et des masséters. Les fosses temporales sont profondes,les mâchoires massives. Les yeux sont enfoncés dans des cavités trèsprofondes et assez rapprochées l’une de l'autre. L’iris est foncé, le re-gard perçant et sauvage. Le corps des os longs s’allonge, principale-ment à l’extrémité supérieure. Le larynx est grand, la voix rauque etcriarde. (1).
La preuve, d’ailleurs, que des modifications analogues, sinon plusprofondes, peuvent se produire chez le cheval sous la seule influenced’un changement de milieux et de régime, nous est fournie par les racesmarronnes (2) : « Les chevaux libres des pampas de l’Amérique, ditM. de Quatrefages, comme ceux des steppes de la Sibérie, ont perduen partie les belles formes que l’homme leur avait données. La taille adiminué, les jambes et la tête ont grossi, les oreilles se sont allongéeset rejetées en arrière, le poil est devenu grossier, les teintes du pelagese sont en partie uniformisées, et les robes les plus tranchées, tellesque les noires et les pies, ont entièrement disparu (3). »
(t) Desor, l’abbé Brasseur de Bourbourg, Knox, Smith, Carpenter.
(2) Races domestiques redevenues libres.
(:)) A. de Quatrefages, loc. cit.