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RACES CHEVALINES.

pensant qu’il eût peut-être été possible, à l’aide des seules ressourceslocales et d’une sélection rigoureuse, d’obtenir, non seulement uneamélioration identique, mais encore de créer, au lieu et place ducheval artificiel, hétérogène et sans puissance héréditaire, de demi-sang, une population chevaline homogène, à caractères fixes et sûre-ment transmissibles.

Le riche sol normand permettait tout au moins de tenter l’expé-rience, sans danger, dans tous les cas, pour l’avenir des races locales.

La preuve, d’ailleurs, que cet essai n’eût pas été une pure utopie etque le salut de la population chevaline normande pouvait bien être endehors du croisement avec le cheval de course anglais, nous estfournie par l’ancien cheval cauchois qui, pour être pur de tout sangétranger, n’en était pas moins un animal excellent, « à la fois corpu-lent et élégant (1) ».

Mais ce sont là des regrets aujourd’hui forcément stériles. La seulechose maintenant que l’on puisse souhaiter, c’est que l’éleveurrevienne à l’ancien bon cheval de pur sang anglais et qu’il proscriveabsolument, en tant qu’améliorateur tout au moins, l’échassier decourse actuel; c’est surtout qu’il abuse moins du croisement, car« trop répété, celui-ci défait très rapidement l’œuvre d’une métisationopportunément conduite, ditM. Gayot en parlant du demi-sang anglo-normand : trop de sang détruit l’équilibre entre les formes et lesaptitudes, en rapprochantoutremesure leproduit del’un de ses facteurs ;trop de sang emporte le produit vers un ordre de qualités qui le sortentde sa spécialité et lui ôtent partie de son équilibre propre... Ce n’estplus un demi-sang, mais un cheval de sang. La différence est tranchée,la distinction est exacte. En se faisant plus délicates et plus sveltes,toutes les parties du corps deviennent moins résistantes. L’énergiemorale, l’ardeur montent ; la force physique, la puissance musculaire,baissent, etc. (2) ».

Or, il est malheureusement évident que la plupart des anglo-nor-mands actuels, de l’avis même de leurs partisans les plus convaincus,ont beaucoup trop de sang anglais; d’où ce manque d’harmonie quenous avons signalé et qui constitue leur plus grave défaut.

C’est que les opérations du croisement sont excessivement délicates

(1) Youalt, The Ilorsc. London, 1808.

(2) E. Gayot, loc. cit.