Band 
Texte.
Seite
694
JPEG-Download
 

694

RAGES CHEVALINES.

1° Hérédité individuelle. — L’hérédité individuelle est la propriété quepossède chaque individu de transmettre à ses descendants les qualités ou les dé-fauts qu’il a acquis sous l’influence de conditions plus ou moins bien détermi-nées et qui le distinguent des autres individus de la même race.

Cette propriété n’est pas également marquée chez tous : certains la possèdentà un degré relativement faible; d’autres, au contraire, ont une puissance hérédi-taire individuelle telle qu’ils transmettent toujours sûrement leurs propres carac-tères à leurs produits, quels que soient ceux de leur conjoint.

Dans tous les cas, l’hérédité individuelle ne s’exerce que sur les modificationsorganiques spontanées naturelles (4), ou résultant de nos méthodes zootechni-ques. Celles qui sont purement accidentelles ne sont pas héréditaires. C’est ainsique le chien dressé pour la chasse transmet son aptitude à ses descendants,tandis qu’on a beau lui couper les oreilles, les petits qui naissent de couplesainsi mutilés ont des oreilles.

Il est, d’ailleurs, un autre fait d’observation que nous devons noter : c’est quela transmission des modifications héréditaires saute quelquefois une ou plusieursgénérations ; ce n’est qu’à la deuxième et quelquefois à la troisième qu’on les voitse reproduire.

2° Hérédité sexuelle. — Dans l’hérédité sexuelle, ou influence du sexe, il ya lieu d’étudier la part d’influence qu’exerce chacun des deux sexes : 1° sur laconformation générale de l’être créé ; 2° sur le sexe même de cet être créé.

1° Influence respective des sexes sur la conformation générale des êtres créés. —Des observations faites sur toutes les espèces démontrent que les deux sexesexercent, dans les circonstances ordinaires, une influence à peu près égale. Lescaractères paternels et les caractères maternels se présentent répartis selon desproportions très diverses : tantôt les uns prédominent, tantôt les autres; tantôtil y a partage à peu près égal. Cela dépend évidemment, comme toujours, despuissances héréditaires individuelles en présence dans la reproduction.

Toutefois, plusieurs circonstances, la vigueur, l’ancienneté de race, une pro-pension à l’acte génital, peuvent faire prédominer l’un ou l’autre sexe.

« Le reproducteur fort, vigoureux, jouissant d’une bonne santé, dit Magne, estbien disposé pour imprimer ses caractères au produit de la conception, et il leslui imprime constamment s’il s’accouple avec un individu faible, lymphatique,exténué par la privation d’aliments, par l’excès du coït, du travail, ayant, enfin,une constitution altérée (2)... »

2° Influence respective des sexes sur le sexe même de l’être créé. — L’influencede l’individualité sur le sexe ne paraît guère discutable : certains étalons pro-créent plus de mâles que de femelles; d'autres, au contraire, produisent plus defemelles que de mâles. Mais toutes les explications qu’on a données de ce faitsont plus ou moins erronées.

A propos de l’influence respective des procréateurs sur le produit, nous devonségalement dire un mot de ce que les uns appellent l 'infection de la mère, les

(1) Au nombre de celles-ci, il y a lieu de ranger certaines maladies, certaines tares,parmi lesquelles nous citerons : la phthisie pulmonaire, la fluxion périodique, lestumeurs dures des membres, etc., etc. Mais, dans ce cas, c’est plutôt la prédispositionà contracter telle maladie ou telle tare qui est héréditaire que l'affection elle-même.

(2) II. Magne, loc. cit., t. 1 er , p. 144.