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RACES CHEVALINES.
Si, d’autre part, la plus forte puissance héréditaire ancestrale appartient aureproducteur mâle, il n’est pas rare de voir des premiers métis reproduire à peuprès tous les caractères morphologiques de leur père (hérédité unilatérale). 11suffit même que la prédominance paternelle se renouvelle en présence de lafemelle métisse, chez laquelle l’hérédité maternelle n’agit plus qu’à un faibledegré, pour que, dès la seconde génération, le produit n’ait plus qu’une fractiond’impureté à peu près négligeable.
Mais, que la prépondérance héréditaire soit, au contraire, du côté maternel,et il faudra cinq, six, sept générations, et plus, pour obtenir le môme degré depureté que dans le cas précédent.
Aussi, les auteurs qui se sont livrés à des dosages mathématiques du sangdes métis jusqu’à la vingtième et même jusqu’à la trentième génération n’ont-ilspu obtenir de résultats aussi positifs qu’en négligeant plus ou moins les lois del’hérédité.
La vérité est que les résultats du croisement sont, en général, très aléatoireset qu’il n’est pas possible de dire exactement quelle quantité de sang possèdentles métis. Ce dosage, dépendant de la puissance héréditaire individuelle ou ances-trale de chacun des procréateurs, ne saurait être déterminé mathématiquement.On ne peut avoir, à ce sujet, que des présomptions plus ou moins sérieuses baséessur la connaissance certaine de la race à laquelle appartient chacun des parentset l’observation attentive des caractères des mères métisses, caractères qui, nousle savons, les rapprochent plus ou moins de la souche paternelle ou maternelle.Si, par exemple, on accouple un étalon arabe de pur sang successivement avecune jument ardennaise et des juments métisses résultant d’un premier, d’undeuxième et d’un troisième croisement, en ayant bien soin de choisir ces jumentsmétisses parmi celles qui ont hérité au plus haut degré des caractères de leurligne paternelle, il est évident qu’on aura bien des chances, à la quatrièmegénération, d’obtenir des produits différant peu de l’étalon arabe. Ce n’est doncque théoriquement et en thèse générale que les premier, deuxième et troisièmemétis sont des demi-sang, des trois quarts de sang et des sept huitièmes de sang.
Le croisement est né de ce principe posé par Buffon et soutenu par Bourgelat,en ce qui concerne le cheval, que tous nos animaux domestiques, étant d’origineorientale, avaient une tendance naturelle à dégénérer dans nos climats et qu’ily avait lieu, par conséquent, pour y remédier, de les retremper sans cesse àleur source, c’est-à-dire de les croiser avec les types d’Orient. Or, c’est là unedoctrine tout au moins exagérée, sinon absolument fausse ; « car les races nerenferment pas en elles-mêmes un principe de destruction réclamant absolu-ment le croisement. Quand elles dégénèrent, c’est parce qu’on néglige deleur donner les soins que nécessite la perfection à laquelle elles sont par-venues (1). »
Cette doctrine, d’ailleurs, qui est celle de a de l’infusion » du sang noble dansles veines de tous nos chevaux pour leur restituer l’énergie, la vigueur et la dis-tinction perdues, a été exagérée outre mesure. Sans tenir le moindre compte desressources locales, des besoins multiples et absolument divers de l’industrie, ducommerce, de l’agriculture, de l’armée, du luxe, etc. ; sans réfléchir que les
(t) II. Magne, loc, cit., t, I, pp. 178 et 179,