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DE l’eüROPK CENTRALE.
porter la guerre chez ses voisins que pour la repousser chezsoi : en un mot, la marche du temps démontre la supério-rité croissante de l’attaque matérielle sur la défense. L’his-toire des peuples anciens n’avait cessé de justifier cettetriste observation, lorsque l’invention de la poudre est ve-nue la fortifier en la plaçant sous un jour nouveau. L’ar-deur belliqueuse de l’homme qui déjà l’emportait dans soncœur sur le courage plus froid de la résistance, a été depuislors secondée par une série d’armes ou d’instruments deguerre auxquels on n’a pu opposer que de vains palliatifs.Les obstacles les plus formidables ont vu tomber leurprestige, et le feu meurtrier allant frapper l’adversairecaché derrière ses murailles ou dans ses retranchementstantôt par des courbes dirigées au-dessus de sa tête , tantôtpar des travaux souterrains, a conquis, dans les mains del’assaillant, une supériorité incontestable.Ces boulevarts, quijadis défiaient les entreprises des armées les plus nombreu-ses,qui,dans l’antiquité, arrêtaient pendantlOans les meil-leures troupes de la Grèce sous les murs de Troyes , n’ontconservé de nos jours qu’une valeur éphémère qui s’é-vanouit à heure dite, lorsque, dans un cas fort rare, le plande campagne fait un devoir de s’y arrêter. Depuis qu’unetelle inégalité a été tant de fois constatée, les armées ontété dès-lors entraînées plus souvent à se mesurer en pleinecampagne, afin de conserver l’avantage qui naît des savantesdispositions du chef et de la valeur confiante des soldats.
L’apparition des chemins de fer sur notre continent nochangera par les effets de ce qui déjà est devenu presqu’uneloi : eux aussi vivifieront l’attaque plus peut être qu’ils nefortifieront la défense. L’enthousiasme, l’ardeur qu’inspireraaux troupes une marche rapide en avant, seront moins vifslorsque avec quelques dispositions propres à relever la con-