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Histoire de la forêt de Fontainebleau / par Paul Domet
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Les causes de ce phénomène atmosphérique ne sontpas parfaitement connues ; voici cependant la suppositionla plus plausible, quoiqu’elle n’explique pas tout : le ter-rain de la forêt, léger et peu lié dans ses parties, laisseévaporer son humidité avec une grande facilité; l’air secharge de cette vapeur d’eau qui, condensée par la fraî-cheur de la nuit, forme au-dessus du sol uue étroite nappede brouillard, qu’il est facile d’observer certains soirs,surtout après les fortes pluies du printemps ; puis l’abais-sement de température, plus prononcé, qu’amène toujoursle lever du soleil, change ce brouillard en eau, et va,parfois, jusqu’à congeler tous les bois situés dans leurmilieu.

Quant à l’effet produit par ce météore sur la végétation,il est aisé del’imaginer ; c’est la difficulté qu’ontles jeunesbois, naturels et artificiels, à s’élever sans couvert. Ilssont bien venants dans les premières années, mais leurscimes se sèchent aussitôt que les pousses atteignent lahauteur du brouillard, et souvent ils s’étiolent et meurentavant d'avoir pu dépasser le niveau supérieur de celui-ci.Nous avons dit plus haut que la dernière Commissionchargée de l’aménagement de la forêt s’est fait de cettedifficulté un argument en faveur du traitement en futaie-Toutes les essences ne sont pas attaquées aussi fortementles unes que les autres : parmi celles qui dominent àFontainebleau, les pins, surtout les sylvestres, protégéspar la viscosité des sucs qui les enveloppent, paraissentrarement souffrir des gelées printanières ; il n’en est pasde même de l’épicéa, dont les jeunes pousses sont tropsouvent détruites par celles-ci; quant aux feuillus, lechêne et le hêtre se montrent particulièrement sensiblesaux gelées ; les autres espèces résistent beaucoup mieux.

Une autre observation météorologique importante a étéfaite à Fontainebleau : c’est le caractère inoffensif de lagrêle, tant dans la forêt que dans les communes rive-raines. -Parmi celles-ci, M. Becquerel, dans un Mémoire,