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L'exploitation des carrières de grès ne rapporte quebien peu à l’Etat; le revenu annuel moyen, calculé de-puis 1825, époque à laquelle furent imposés les premiersdroits de fortage , n’atteint pas cinq mille francs; et ellecause à la forêt de Fontainebleau un double mal : l’un,si l’on peut s’exprimer ainsi, physique, qui s’est produitde tous temps; l’autre, moral, bien plus considérable, etse faisant d’autant plus sentir, qu’augmente le nombredes touristes qui visitent notre forêt, des artistes quiviennent y chercher des sujets d’étude. D’une part, unesurface, relativement assez considérable, est recouvertele plus souvent, surtout lorsqu’il s’agit des roches appa-rentes, de débris trop abondants pour qu’il soit possiblede les enfouir sous une suffisante couche de terre,comme le prescrivent les règlements, et qui stérilisent,à tout jamais, le sol sur lequel ils s’entassent; de l’autre,un lieu, charmant par sa pittoresque sauvagerie, esttransformé en un affreux chaos, qui affecte péniblementla vue. A.ux formes, si gracieuses, données par la natureà toutes ces roches bizarres, où le promeneur étonné selaisse aller, malgré lui, à rêver des ressemblances idéales,se substituent les contours monotones d’une successionde mamelons, uniformément composés de débris, auxangles aigus, aux arêtes tranchantes, enchevêtrés lesuns dans les autres, et aussi rebutants à gravir que désa-gréables à voir; la couleur harmonieuse, due à la patinedu tempS, disparait et fait place, pour de longues années,aux tons criards et brutaux du grès récemment cassé; enun mot, la main d’hommes grossiers vient briser, en d’in-formes scories, les statues merveilleuses que s’était com-plu à sculpter la main de Dieu. Il n’y a plus, maintenant,que bien peu de chaînes intactes : outre les cantons dont jnous avons déjà indiqué les noms, et qui sont comme lepatrimoine légal des carriers, ceux-ci, aux temps decrise et de désorganisation sociale, en ont envahi biend’autres, promptement arrachés, il est vrai, à leur con-